Un Danois présidera le comite militaire de l’OTAN à partir de 2012

(BRUXELLES2) C’est la fin d’un espoir français. Pour remplacer l’amiral italien Giampaolo Di Paola, qui préside aux destinées du comité militaire de l’OTAN – la plus haute instance de concertation de l’Alliance -, les chefs d’Etat-Major (CHOD) de l’Alliance ont choisi… un Danois. Le mandat de Di Paola se termine en juin 2012. Mais les membres du comité militaire, réunis le 17 septembre à Séville (Espagne) ont déjà choisi son successeur. Ce sera le général Knut Bartels, l’actuel chef d’Etat-Major danois. Il n’avait face à lui aucun concurrent puisqu’il était le « candidat unique ». « C’est le moment des défis pour l’OTAN avec ses missions en cours en Afghanistan, Libye, Kosovo, en mer Méditerranée et au large des côtes de la Somalie, tout comme la  transformation de l’Alliance et l’implémentation de la nouvelle structure de commandement de l’OTAN requièrent un entier dévouement et engagement » a expliqué l’amiral Di Paola.

Premier poste pour le Danemark

C’est la première fois que la Danemark accède à cette fonction de premier plan, au moment où le secrétaire général de l’organisation est également un Danois. Depuis sa création en 1963, le comité a été présidé à cinq reprises par un Allemand, à trois reprises par un Britannique, à deux reprises par un Canadien (idem pour le Norvégien et le Canadien), une fois par un Belge et une fois par un Néerlandais. Jamais par un Français.

Espoir français déçu

Le gouvernement français pouvait espérer que ce poste saurait revenir à un officier tricolore. Une hypothèse qui avait le vent en poupe à Paris au printemps comme le relatait mon confrère du Point (lire ici). Même si coté français, on affirme qu’il n’y avait pas de candidat national, celui-ci (l’Amiral Guillaud) étant confirmé à son poste de chef d’Etat-Major par Nicolas Sarkozy, on peut voir là sinon un nouveau revers au moins une occasion perdue, preuve que la réintégration de la France dans l’OTAN, son engagement décisif en Libye et sa revendication d’avoir davantage de postes ne suffisent pas automatiquement à convaincre tous ses membres. La France a donc désormais un handicap notable dans les postes importants qui doit être comblé lors d’une prochaine redistribution de postes, à peine de devoir se poser la question : où est l’influence supplémentaire acquise par la réintégration ?

(Maj, 20 sept) Précisons que « coté français », on ne partage pas du tout cette analyse sur « l’espoir français déçu ». « Il n’y a pas déception puisqu’il n’y avait pas eu de candidature. Y voir un revers dans la réintégration de l’OTAN n’a donc pas de lien. » m’a-t-on commenté. « Quant à la présence dans l’Alliance, la France occupe plusieurs postes importants (notamment le chef de l’ACT, le commandement allié de Transformation), ainsi que plusieurs postes sans doute moins visibles, mais qui n’en sont pas moins importants », au Shape notamment.

Un bon connaisseur de l’OTAN

Né en 1952, Knudel a participé à la force de l’ONU déployée à Chypre (1980-1981) et a été le chef adjoint de la task force déployée au nord Kosovo sous commandement français en 1999. Représentant militaire adjoint de son pays à l’OTAN en 2001, il est directeur adjoint aux opérations à l’Etat-Major international en 2002 puis est nommé commandant de la division danoise en 2004. Il revient ensuite à l’OTAN comme représentant militaire (2006 à 2009). En 2009, il a été nommé chef d’Etat-Major après la démission surprise de l’amiral Tim Sloth Jørgensen qui avait tenté d’étouffer la publication d’un ouvrage sur l’intervention en Afghanistan et Irak par un ancien membre des forces spéciales. Dans l’opération de l’OTAN en Libye, il a joué un « rôle utile » estime un fin observateur de la mécanique de l’Alliance. Il est diplômé de l’Ecole (française) de Guerre (1984-1986) et de l’US Army War College (1993-1994) et a été fait chevalier dans l’ordre de la légion d’Honneur.