Colin Cameron à droite lors du transfert des archives à l’Institut européen de Florence (Photo : EUI)

(BRUXELLES2, exclusif) Voir le Royaume-Uni se battre comme un seul homme pour obtenir une rallonge budgétaire des Européens. C’est plutôt rare, voire exceptionnel dans cette période. Et cela mérite d’être signalé et détaillé.

Bien entendu, il ne s’agit pas d’une générosité soudaine. Mais d’une « question de justice » comme s’en défendent les intéressés. Détaillons…

Cela concerne la liquidation de l’Union pour l’Europe occidentale. Un plan social a été négocié et un fonds mis en place pour gérer le versement des indemnités (fonds géré à l’agence satellitaire de l’Union européenne) des derniers employés. Seul hic, le secrétaire général de l’UEO, Colin Cameron (oncle du premier ministre britannique) n’a normalement droit à aucune indemnité supplémentaire. Il est fonctionnaire hors grade et déjà retraité en fin de compte. Qu’à cela ne tienne, sollicité par l’intéressé qui a fait jouer toutes ses relations, les représentants du Royaume-Uni — souvent si sourcilleux de l’argent public européen au point de vouloir raboter toute augmentation de budget — ont fait voler en éclat leurs dernières prétentions.

Charitables, certains membres de l’assemblée parlementaire, dont son questeur (britannique), ont intercédé auprès des États membres pour qu’il puisse, par exception, recevoir une année de salaire « en tant que témoignage concret de l’estime que lui porte l’Assemblée ». Au grade de l’intéressé, cela représente un petit pactole de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Un chèque avec cinq zéros. Quand on aime, on ne compte pas, surtout en famille…

Ironie de l’histoire : La raison, invoquée par le Royaume-Uni pour la fermeture de l’UEO, était justement de pouvoir économiser des deniers publics. Ceci n’enlève à la qualité de l’homme. Mais en ces temps de crise, c’est particulièrement malvenu.

(Nicolas Gros-Verheyde)

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Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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