Qui sont les ambassadeurs de l’UE ? nationalités, hommes-femmes…

(BRUXELLES2, exclusif) La répartition géographique au sein du service diplomatique est un des enjeux stratégiques important pour les diplomaties des pays européens. Un enjeu d’autant plus important que, bon gré mal gré, le service diplomatique européen va prendre une place plus importante dans les années à venir. Selon un état de service que j’ai pu consulté, celui-ci permet de mettre à bas certaines idées préconçues notamment en matière de répartition des nationalités parmi les ambassadeurs de l’UE.

Français et Belges dans le top

Les Français (18), les Belges et Italiens (16) et les Espagnols (14) sont largement en tête dans les ambassadeurs présents. Une proportion qui est le reflet de la bonne présence de ces nationalités dans les services de la Commission européenne, et notamment dans la DG Relex. Ceci doit cependant être matiné

Viennent ensuite les Britanniques (10), les Allemands et Néerlandais (8), les Autrichiens et Portugais (7), les Grecs (6), les Tchèques et Irlandais (5), les Hongrois (4), les Polonais (3).

Les Bulgares, Danois, Finlandais, Lettons, Luxembourgeois, Roumains, Suèdois ont chacun 2 représentants ; les Lituaniens, Maltais, Slovaque en ont 1. Chypre, Estonie et Slovénie n’ont aucun national, du moins pour l’instant.

Attention ! Cette représentation ne prend pas en compte les responsables du siège du service diplomatique, où les proportions sont légèrement différentes voire inversées, avec prédominance des Britanniques, Néerlandais et nordiques.

Des Nouveaux Etats membres plutôt bien, voire surreprésentés

Contrairement à une campagne fort bien menée, notamment par la Pologne, le nombre de chefs de délégation issus des nouveaux Etats membres (élargissement de 2004 et 2007) n’est pas minoritaire. Ils forment 15% des responsables. Ce qui correspond à peu près au poids démographique de ces pays dans l’Union européenne (18%). Mais est largement supérieur au poids de leur présence diplomatique dans le monde (le réseau des ambassades de ces nouveaux pays étant plutôt limité). Seuls les Polonais, en fait, sont plutôt mal servis.

Un cinquième de femmes

Coté équilibre hommes-femmes, ce n’est pas encore le paradis. Parmi les chefs de délégation, les femmes représentent 21 % des postes (1 femme sur 5). Ce qui n’est pas encore vraiment l’égalité ni même le tiers visé mais est largement supérieur au taux en vigueur dans la plupart des diplomaties des Etats membres (12% en France selon des statistiques datant de 2008). Cet élément optimiste doit cependant être tempéré par une analyse des postes détenus. Il faut ainsi remarquer que les femmes ne sont pas en pole position dans des postes importants. Seule exception : le Brésil, l’Irak ou l’Ukraine et un poste d’adjoint en Chine et au Japon. Un effort devra sans doute être fait pour promouvoir des femmes à des postes plus stratégiques.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).