L’erreur Ashton ?

(BRUXELLES2, commentaire) La dernière sortie de Gérard Longuet (lire : Un missile venu de Paris pointe sur Ashton) est révélatrice. Il est difficile aujourd’hui de trouver quelqu’un qui soit satisfait et content du travail mené par Catherine Ashton. Pour résumer, il y a ceux qui l’ont ouvert, ceux qui l’ouvrent et ceux qui vont l’ouvrir. Entre ceux qui ne disent rien et maugréent en douce dans leur coin et ceux qui râlent sec, personne ou presque ne défend réellement la Haute représentante de l’UE. Et si je devais – sur ce blog – répercuter ce que chacun commente et raconte – souvent au plus haut niveau des ministères ou des administrations, je devrai ouvrir une rubrique… quotidienne 🙂 et ne faire que ca.

Bien sûr, on pourra prétexter qu’il y a de la jalousie, que les Etats membres ne sont jamais contents, … Certes, il y a un peu de çà. Mais, soyons honnêtes, il y a un réel problème “Ashton” aujourd’hui sur la Défense surtout. Même ceux qui ont soutenu sa candidature – car c’était une femme ou une socialiste -, qui n’attendent aucun poste ou aucune fonction, ne peuvent s’empêcher d’être énervé. Car c’est un fait. Depuis plus de 18 mois que la Haute représentante de l’UE a été nommée, à part un ou deux coups en matière de politique étrangère (Benghazi, la Serbie et le Kosovo,…), on ne sent aucune impulsion, aucune initiative en matière de politique de défense commune. Au contraire, il y a plutôt une lente désagrégation.

Ce n’est pas simplement une affaire de communication ou de savoir-faire, c’est un vrai problème fond. Comme le commente un vieux loup des affaires étrangères, qui provient du même parti (socialiste) qu’Ashton et n’est ni Français, ni Belge ou Italien, « Ashton, elle aurait dû apprendre avant. (…) C’est la pire personne que l’on a actuellement dans le leadership européen » Fermez le ban.

Reste que maintenant, personne n’est prêt à prendre le risque de déclencher une crise. « On ne va pas rouvrir la boite de Pandore des nominations. Il faut tenir encore 3 ans et demi » estime notre observateur. La Haute représentante “tient”, en effet, plusieurs des Etats membres quelques nominations “cadeaux” qui mobilisent beaucoup d’attention dans les capitales. Résultat : les coups d’escarmouches et d’égratignures vont continuer. Car il y a un réel problème Ashton qui demeure…

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).