Le ministre polonais de la Défense serait-il en partance ?

(BRUXELLES2) La rumeur court à Varsovie du départ du gouvernement du ministre de la Défense, Bogdan Klich (membre de la Plate-forme civique). Le rapport sur l’accident de Smolensk a montré quelques défaillances du ministère notamment en matière de contrôle politique et civil sur l’armée. L’annulation de l’appel d’offres sur les avions VIP est notamment pointé du doigt. Attaqué notamment par le PiS (le parti d’opposition de Jaroslaw Kaczynski), mais pas seulement, le ministre de la Défense est donc sur la défensive. Un des noms cités dernièrement pour le remplacer était Janusz Zemke, un eurodéputé, membre du… SLD, le parti social-démocrate qui est normalement dans l’opposition. L’intéressé n’a pas tout de suite démenti ; ce qui a crédibilisé ce remaniement. Et elle a dû être officiellement démentie par le porte-parole du gouvernement, Pawel Gras (par tweeter également).

Ancien vice-ministre de la défense, assez populaire, l’arrivée de Zemke aurait ainsi pu donner un signal d’ouverture pour le gouvernement libéral de centre droit du Premier ministre Tusk, voire préluder à un éventuel changement de coalition. La “rumeur” était si persistante dans la presse. En effet, si la plate-forme civique du Premier ministre Tusk semble assurée de gagner les élections – qui auront lieu en octobre, en pleine présidence de l’UE par la Pologne -, ce n’est pas le cas de son allié (le Parti paysan) qui, au gré des sondages, passe ou non la barre fatidique des 5%, nécessaire pour avoir des députés en Pologne. Quand je lui avais posé la question la semaine dernière, Waldemar Pawlak, le vice-Premier ministre et chef du PSL avait d’ailleurs éludé la question par un “il ne faut pas croire les sondages”.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).