Dernières nouvelles de la piraterie (4 juillet 2011) (MAJ)

(BRUXELLES2) Selon un chiffre donné par les compagnies d’assurances et les réassureurs, la piraterie somalienne coûte en termes d’assurances environ 120 millions $ supplémentaires par an, précise le site Mer & Marine. Ce sont les assurances, en général, qui assurent le paiement des rançons mais aussi couvrent le risque supplémentaire d’immobilisation du navire et de la non-livraison à temps de la cargaison. La solution de déroutement par le Cap, recommandé par certains responsables politiques représente une solution peu durable et couteuse, explique M. Browning qui dirige l’association britannique du shipping : « pour un gros porte-conteneurs un reroutage par le Cap coûte entre 185.000 et 300.000 dollars. Les coûts additionnels d’assurance pour le transit sont compris entre 30.000 et 60.000 dollars ».

Mercredi (29 juin) 10 ans de prison pour un pirate somalien en Belgique

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a suivi le réquisitoire du parquet et condamné à 10 ans de prison un jeune Somalien (18 ans, environ) qui avait participé à l’attaque du Pompei, un navire belge, et du Petra I, un navire sous pavillon du Sierra Leone affrété par le Programme alimentaire mondial. C’est le premier procès pour piraterie en Belgique. Lire également : Dernières nouvelles de la piraterie (19 juin) (maj)

mardi (28 juin). L’Inde établit une loi anti-piraterie et revoit ses règles d’engagement

Le gouvernement indien a préparé un projet de loi anti-piraterie qui devrait permettre de mieux poursuivre les pirates. La piraterie est mieux définie, en ligne avec la convention sur le droit de la mer (UNCLOS), ainsi que la juridiction compétente et la peine applicable. L’Inde n’avait jusqu’ici pas de droit spécifique sur la piraterie mis à part le code pénal et le droit international. Et les pirates devaient être poursuivis pour activité illégale ou port d’arme, voire sous couvert de la bonne loi britannique de l’amirauté (Admiralty Law), selon notre confrère Times Of India. Alors que la piraterie se rapproche de l’Inde sérieusement et qu’il y a plus de 100 pirates déjà pris par les forces côtières, cette mise au point devenait urgente. L’Inde a également adopté de nouvelles règles d’engagement permettant à la marine indienne d’intervenir de façon plus pro-active. Un groupe interministériel chargé de la lutte contre la piraterie va également être créé et placé sous l’autorité du secrétaire de cabinet.

Mar (28 juin) Le Mozambique multiplie les accords d’assistance

L’Inde et le Mozambique signent un accord pour améliorer la sécurité maritime dans l’Océan indien que ce soit en matière de formation, de soutien logistique ou de patrouille conjointe. Cet accord est d’ailleurs plus vaste que la piraterie et vise la fourniture d’équipements à l’armée mozambicaine, la formation, la réparation de véhicules, d’avions ou de navires. Le Mozambique a signé également un accord avec l’Afrique du sud, en début du mois, afin de bénéficier de ses informations et renseignements ainsi que de patrouilles dans sa zone territoriale. Une des frégates sud-africaines sera ainsi déployée en permanence dans la région. Lire également : Renforcer les capacités maritimes de l’Océan indien, on patauge ?

Dim (26 juin) Le sud de l’Afrique s’organise

Les ministres de la Défense et de l’Intérieur des pays du sud de l’Afrique de la SADC (Southern Africa Development Community) conviennent de mettre en place une force d’alerte pour combattre la piraterie dans l’Océan indien ainsi qu’un centre régional de formation à la surveillance maritime. Font partie de la SADC notamment la Tanzanie, le Mozambique et l’Afrique du Sud. La Tanzanie a, selon d’autres informations, indiqué pouvoir accueillir la Cour somalienne contre la piraterie.

Dim (26 juin) Pardon présidentiel pour les convoyeurs de rançon

Les six hommes (Un Américain et 5 Britanniques dont certains à double nationalité) arrêtés au Somalie en possession de masses d’argent – sans doute destinés à verser des rançons – sont « pardonnés » par le président somalien, Sheikh Sharif Sheikh Ahmed et libérés malgré la peine de prison de 10 à 15 ans prononcée par un tribunal de Mogadiscio. Les avions ont également été débloqués. Mais l’argent resté confisqué. Lire également : Dernières nouvelles de la piraterie (19 juin) (maj)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).