Le rôle de la présidence de soutien, attractive ou utile ?

Les ministres J. Martonyi (Hu) et Vanackere (Be) (Crédit Conseil de l'UE, 21 mars 2011)

(BRUXELLES2) Le changement de rôle du Haut représentant a amené non pas la disparition totalement de la présidence tournante mais un recalibrage de sa fonction, ce qu’on appelle la présidence de soutien. Terme trouvé essentiellement sous les présidences espagnole et belge qui ont inauguré ce dispositif.

Dans une note rédigée pour le PISM – l’Institut polonais des relations internationales – Agata Gostynska et Dorota Liszczyk soulignent que la « présidence de soutien » ne semble pas seulement « optimale » dans la perspective du nouveau traité mais aussi « attractive » pour les participants au processus de décision. Elle « garantit la présence de la présidence sur la scène internationale et complète les efforts des institutions impliquées dans l’action extérieure ». Deux domaines lui semblent particulièrement indiqués : l’action consulaire et les politiques de contrôle aux frontières, d’asile et d’immigration, « particulièrement importantes » aujourd’hui avec les développements dans le voisinage européen.

Une présidence importante dans les matières consulaires

Une « concertation étroite » dans le domaine consulaire paraît nécessaire. Normalement la coordination des activités consulaires de l’UE repose sur le concept de Nation-Cadre (Lead State). Mais «  les Etats membres ne montrent pas trop d’intérêt à assumer cette fonction, c’est à la présidence tournante qui l’assume d’ordinaire. En pratique, cela peut entraîner la nécessité de coordonner des actions dans des domaines où la présidence n’ont pas suffisamment de ressources ou de présence opérationnelle » écrivent les auteurs. La présidence tournante a donc plus qu’intérêt à coordonner étroitement son action avec le service diplomatique européen.

NB : Ajoutons que la montée en puissance pour le SEAE de la thématique consulaire de l’UE qui n’a normalement qu’une compétence, limitée, est mathématique au fil des présidences. De nombreux pays (Baltes, Chypre, Malte… mais aussi Bulgarie, Roumanie, Slovaquie) ont une couverture très limitée en matière de relations extérieures.

Télécharger ici « The model of the supporting presidency »

Lire également : Comment la présidence Esp. va se coordonner avec Miss Ashton

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).