L’accord franco-britannique entre en pratique : french lessons et bonne bouffe

Rafale sur le Charles de Gaulle (crédit : DICOD / Ministère français de la Défense)

(BRUXELLES2) 5 officiers britanniques vont intégrer le Collège Interarmées de Défense (CID) – autrement dit l’Ecole de guerre – pour y apprendre durant 16 semaines le français. Un bagage nécessaire pour cet élément précurseur (ils seront 30 en tout) à venir s’asseoir sur les bancs du collège pour s’y frotter avec la langue de Molière, avant leur déploiement sur le Charles de Gaulle.

200 ans après Trafalgar… dur

C’est la seule solution trouvée par l’armée britannique pour continuer l’entraînement de ses pilotes de la Navy (sur Rafale !), alors qu’elle est privée de porte-avions et que les JSF ne seront véritablement opérationnels qu’en 2020… Une pilule dure à avaler apparemment pour un officier supérieur de la Navy qui lâche, un tantinet ironique, à nos confrères outre-manche (*) “qui aurait pu penser que 200 ans après la bataille de Trafalgar, nous devions apprendre le français pour entraîner nos pilotes ? (…) Pendant des décennies, nous avons pensé que l’armée française arrivait toujours après la bataille. Aujourd’hui David Cameron nous oblige à joindre nos forces, prendre des leçons de français et (…) manger leur nourriture”.

Tous à table

Mais nos confrères britanniques doivent avoir les papilles qui salivent car ils n’hésitent pas à nous décrire dans le détail, les mets assez savoureux à les entendre que les aviateurs auront ainsi à déguster :soupe à l’oignon, avocats farcis au crabe ou bouchées à la reine, poitrines de poulet au vin blanc et sauce à la crème, avec champignons farcis ou carottes à la crème, aligot (purée d’ail et de fromage, est-il précisé) ou de pommes dauphines et salade. Et ensuite, le “classique fromage français” comme le brie ou camembert, une mousse au chocolat ou des éclairs, un Konakry ou un clafoutis aux cerises et, bien sûr, du café après le repas”. On a connu pire supplice non 🙂 Un rien jaloux, nos confrères qui avouent que l’on mange beaucoup mieux sur le Charles de Gaulle que sur les navires de sa Royale majesté.

(*) La presse britannique qui rivalise en titres on ne peut plus inventifs : comme le Daily Mail “Bandits à neuf heures Jacques. Royal Navy pilots have language lessons so they can use French aircraft carrier” –  The Telegraph ” Royal Navy pilots forced to learn French” – le satirique  The Spoof “Baise moi, bandits à neuf heures Pierre. Royal Navy pilots get French lessons.”

Lire également :

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).