La mission au sud-Soudan se heurte à une interrogation… tricolore

(crédit : Google map)

(BRUXELLES2, exclusif) Quand un diplomate parle « d’interrogation », c’est souvent un mot poli pour dire « je ne suis pas d’accord ». Et c’est ce qui semble s’être déroulé lors la dernière réunion du comité politique et de sécurité (COPS). Selon nos informations, le COPS avait, à son agenda, le projet d’une nouvelle mission européenne au Sud-Soudan. Il s’agissait de donner le feu vert à ce qui constitue une étape importante de la planification d’une mission de maintien de la paix européenne, la préparation du concept de gestion de crises (CMC), pour une mission, civile, de police, visant à sécuriser l’aéroport de Juba, et former les futurs effectifs du nouvel Etat indépendant. Les discussions allaient bon train. Et la plupart des pays européens semblaient, avec plus ou moins d’enthousiasme, d’accord sur le lancement de cette mission. Mais, étonnamment, c’est la France qui a exprimé son « interrogation » et empêché la prise de décisions. A suivre…

(Maj) Explication : coté français on estime que d’autres dossiers plus anciens et tout aussi cruciaux en matière de sécurité comme le Sahel, la Libye, la Côte d’Ivoire… n’ont toujours pas reçu la même attention dans le suivi et de la rapidité avec lequel un CMC est proposé pour le Soudan. « C’est une manière d’avoir des discussions avec le SEAE » sur ces sujets, m’a précisé un expert du dossier. La France ne semblait pas seule. D’autres pays – comme la Suède notamment – semblaient aussi assez réservés ou surpris de la méthode.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).