Le mot d’ordre d’Ashton à ses services : économiser 10%

(BRUXELLES2) « Personne plus que moi est consciente de la nécessité de faire des économies » a expliqué récemment Catherine Ashton à l’adresse des parlementaires britanniques de la Chambre des Lords, le 14 juin, qui l’interrogeaient sur son budget. « J’ai donné l’ordre d’arriver à des économies de 10% sur le budget que je contrôle. »

Un ordre — nous avons pu vérifié — qui a bien été répercuté en interne. Il est même martelé pourrait-on dire. Impossible de l’oublier. Chaque service ou unité étant prié de trouver les 10% d’économies de budget et postes budgétaires. Ce qui a parfois des conséquences inégalitaires. Les services qui fonctionnaient, parfois en double à la Commission et au Conseil n’auront pas trop de difficulté ; ce qui sera plus difficile pour les services déjà sous-dotés (notamment les services de gestion de crises).

Un souci d’économies à tous les étages

Ce souci d’économies est effectivement général dans l’esprit de la Haute représentante. « Nous devons considérer l’usage le plus efficace des ressources que nous avons, en cherchant tous les moyens d’économiser – par exemple en utilisant les vidéoconférences plutôt qu’en voyageant. J’ai commencé aussi à réviser ce que nous avons outre-mer. Nous avons des locations, des propriétés. Tout cela je l’ai hérité. Nous devons effectuer un sérieux travail de révision sur ce dont nous avons besoin, où, ce qui est le plus efficace et comment être sûr d’avoir le bon personnel à la bonne place. »

L’héritage ne permet pas de marge de manoeuvre

Concernant le personnel, elle affirme être coincé. « Je ne peux pas contrôler le budget administratif. Tout simplement car quand le service a été créé, du personnel m’a été apporté par les différentes institutions. J’ai hérité d’eux. Ils étaient là disponibles, des personnes de grande qualité. Mais il n’y a avait pas de marge de manœuvre sur le nombre et ils devaient tous être payés ». Problème supplémentaire : le budget n’était pas à la hauteur des personnels transférés. « Le montant transféré avec eux ne correspond pas au montant où je les paie. (…) Il faut augmenter le budget simplement pour pouvoir les payer au montant qu’ils s’attendent d’être payés. C’est un flat budget pour ce qui me concerne. Je ne leur donne pas d’extra. (…) Je n’ai pas de marge de manœuvre. Je ne peux pas les envoyer ailleurs, ils sont miens pour le temps qui reste et je dois les payer. »

Le Batiment, question de priorité

Quant à la question du bâtiment, c’est une priorité. « Un des premiers jalons » qui permettront plus d’efficacité et la Haute représentante espère le résoudre rapidement. « Le personnel est réparti dans huit bâtiments. Ce n’est pas bon pour travailler ensemble. » Et cela coute cher également. « J’espère faire des économies d’échelle (…) en rassemblant tout le monde dans un seul bâtiment »

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).

2 pensées sur “Le mot d’ordre d’Ashton à ses services : économiser 10%

  • 17 juillet 2011 à 09:59
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    Economiser, oui, on peut et on doit le faire. Mais le « flat rate » de 10% imposés à tous les services est une absurdité. Le budget est un instrument stratégique et, depuis la création du service, il est apparu clairement que certains services sont trop bien dotés et d’autres pas assez. Quant aux missions: ne pas voyager pour le plaisir, bien sûr. Mais ne pas oublier, aussi, qu’il est essentiel d’être visible sur le terrain. Pas facile quand le budget missions d’une Délégation a été limité aux voyages considérés comme « essentiels » selon une définition très restrictive. En pratique, cela signifie qu’on répond le plus souvent « non » aux sollicitations faites… Pas vraiment de la bonne diplomatie!

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