Les avions russes à la rescousse des polonais et turcs (exercice)

Un avion Sukhoi russe (crédit : Ministère polonais de la Défense)

(BRUXELLES2) Un avion russe prévenant de concert avec des avions polonais ou turcs une attaque terroriste, c’est le thème un exercice aérien, peu ordinaire, qui s’est déroulé d’abord au nord de la Pologne et continue aujourd’hui au-dessus de la mer noire. Peu ordinaire… car il associe, pour la première fois, l’aviation russe à l’aviation de l’OTAN, dans un exercice – dénommé Vigilant Skies 2011 inspiré de l’attaque contre le World Trade Center en septembre 2001. En l’espèce, l’utilisation d’un avion civil à des fins terroristes. Cet exercice se déroule – ce n’est pas tout à fait un hasard en pleine réunion des ministres de la Défense de l’OTAN, à Bruxelles, qui à son ordre du jour une réunion Otan-Russie et une discussion sur le bouclier anti-missiles.

Un exercice inspiré des attentats de 2001

Ainsi, selon le scénario établi, un avion polonais a décollé hier (mardi) de l’aéroport de Cracovie avant d’être détourné. Après une bagarre dans le cockpit, les ravisseurs ont été maitrisés. Les avions de chasse F-16 polonais ont décollé, rapidement, pour intercepter l’avion « Renégat » (joué par un C-295 militaire), avant de passer le relais aux avions russes, à l’entrée sur l’espace aérien russe. Le système de navigation aérienne de l’avion étant endommagé, les Sukhoi Su-27 ont assuré ensuite le retour de l’avion vers l’aéroport de Malbork en Pologne.

Aujourd’hui (mercredi) se déroule une seconde partie de l’exercice, cette fois au dessus de la mer Noire. Les contrôleurs aériens ont, cette fois, détecté un avion de ligne turc suspect ; il a dévié par rapport à son plan de vol et une interruption des communications est signalée. Une interception coordonnée est alors déclenchée entre les avions de chasse turcs, relayés par leurs homologues russes.

Un nouveau dispositif de coopération OTAN – Russie

Cet exercice vise à tester, grandeur nature, le nouveau dispositif de coopération sur l’espace aérien (CAI) mis en place entre la Russie et les pays de l’OTAN. Ce nouveau système donne « une image radar commune de la circulation aérienne et permet de donner l’alerte à un stade précoce en cas d’activités aériennes suspectes, suivant des procédures agréées en commun », surtout quand un appareil commence à se comporter « de manière imprévisible ». Avec à la clé partage d’informations sur les mouvements aériens et coordination des interceptions des avions suspects, le nouveau système comporte deux centres de coordination (Varsovie, Moscou) et des stations de coordination locales à Kaliningrad, Rostov sur le Don, Mourmansk (Russie), Varsovie (Pologne), Bodø (Norvège) et Ankara (Turquie).

NB : ce n’est cependant pas la première fois que les Russes participent à un exercice de l’OTAN. La Russie participe régulièrement à des exercices, notamment navaux, comme en ce moment au large de l’Espagne dans l’exercice « Bold Monach 2011« , qui a pour objectif de tester la coordination internationale pour le sauvetage d’un équipage de sous-marin. La Russie avait déjà participé à l’exercice « Bold Monarch 2008« .

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).