Un projet de cessez-le-feu en Libye a échoué de peu

(BRUXELLES2, exclusif) Un cessez-le-feu est-il possible avec Kadhafi ? En tout cas, des diplomates libyens et européens y travaillent. « Nous étions tout proches d’un accord, juste avant la réunion du groupe de contact à Rome » a raconté à ‘B2’ un diplomate, proche du dossier. Depuis cinq à six semaines, un document a ainsi été élaboré, faisant la navette entre les différentes capitales, Bruxelles et Tripoli. Une dernière mouture a été élaborée, la semaine dernière, mardi soir (3 mai), avant la réunion du groupe de contact à Rome (5 mai). Il prévoyait notamment une semaine de cessez-le-feu sur Misrata, permettant ainsi aux humanitaires de faire leur travail, de réapprovisionner la ville, d’évacuer les blessés et civils.

Mais cette mouture a, semble-t-il, été refusée par plusieurs des participants au groupe de contact. L’explication est multiple, à rechercher à la fois du côté du durcissement italien – un revirement sur lequel il méritera de revenir -, et de la volonté de certains alliés (Français, Britanniques…) de poursuivre jusqu’au bout l’avantage militaire. Les Etats-Unis, également, malgré leur apparente réserve sur l’engagement militaire, restent très réticents à un possible cessez-le-feu. De la même façon que pour l’Afghanistan, avec Karzaï, les Américains et leurs alliés sont à la recherche du Libyen providentiel capable d’assurer la transition du régime, qui acceptable par une large partie des composantes à la fois par l’opposition de Benghazi et une majorité de tribus.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).