Raid de l’OTAN à Tripoli contre la flotte pro-Kadhafi

Destruction du RHIB piégé à l'explosif le 16 mai (crédit photo : OTAN)

(BRUXELLES2) Le QG de l’OTAN à Naples a confirmé dans la nuit avoir mené des raids aériens sur les forces de Kadhafi dans les ports de Tripoli, Al Khums et Syrte. Huit navires ont été détruits. « Tous les navires visés étaient des navires de guerre sans fonction civile » a déclaré le Rear-Admiral Harding, commandant adjoint de l’opération de l’OTAN « Unified protector« .

L’escacalade maritime

La guerre qui se concentrait auparavant sur terre s’est depuis quelques semaines déplacée sur mer. A trois reprises, ces derniers jours, des incidents ont, en effet, opposé les forces maritimes de Kadhafi aux forces de l’OTAN. Le 29 avril, les forces maritimes avaient été surprises en train de poser des mines dans le port de Misrata ; trois mines avaient été, par la suite, désactivées par les forces de l’OTAN.

Rebelote le 12 mai. La frégate canadienne, HMCS Charlottetown, le destroyer britannique, HMS Liverpool, et la frégate française Courbet (qui n’est pas sous le commandement de l’OTAN), déjouent une attaque sur le port de Misrata menés par plusieurs bateaux rapides type RHIB. Des échanges de tirs ont alorslieu. Ceux-ci ont couvert leur fuite par des tirs d’artillerie et de canon anti-aérien en direction des navires alliés. Ceux-ci ont alors répliqués.

Le 16 mai, un nouveau pas est franchi. Deux RHIB venant de Zlintan sont détectés par les marines de l’OTAN faisant route vers Misrata. « Alors que les forces de l’OTAN s’approchent, un des RHIB stoppe et le second s’enfuit. Une équipe de détection (EOD Team) s’approche alors du navire suspect. Et elle découvre un navire bourré d’explosif, une tonne (du Semtex H, de fabrication tchèque, notamment), avec à bord personne si ce n’est … deux mannequins. Visiblement un piège. Le navire est alors détruit.

NB : la Libye a un stock important d’explosif acquis dans les années passées.

Lire également : Plusieurs bateaux poseurs de mines pris sur le fait dans la baie de Misrata

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).