Les nouvelles priorités de la politique de voisinage

L’Union européenne est prête à s’impliquer dans la résolution du conflit du Nagorno-Karabakh (crédit : OSCE, 2006)

(BRUXELLES2) La nouvelle approche du voisinage que la Haute représentante, Cathy Ashton et le commissaire Stefan Füle, présentent aujourd’hui, entend s’adapter à la nouvelle donne en cours dans les pays arabes et également dans les pays du Caucase.

Objectif : démocratie

Nous voulons « apporter un plus grand soutien dans la construction de la démocratie » expliquent les responsables européens. Cela comprend la liberté d’expression et la formation des partis politiques mais aussi une justice indépendante et équitable, la lutte contre la corruption, une sécurité assurée par une police et des forces armées responsables…

Un voisinage instable

Car le voisinage européen reste traversé de conflits, actifs ou gelés et est particulièrement instable. Du Nagorno-Karabakh au Sahara occidental, en passant par la Géorgie, la Transnistrie, « le conflit israélien-palestinien, et les autres conflits dans le Moyen-Orient, (…) continuent d’affecter d’importantes franges de la population, nourrissant la radicalisation ». L’UE veut donc « intensifier sa coopération politique et en matière de sécurité », sur trois sujets principaux : la résolution des conflits, l’assistance directe à la réforme de la justice ou des services de sécurité, faire face aux nouvelles menaces.

La résolution des conflits

L’Union européenne est engagée dans des mécanismes de résolution de ses conflits : Quartet au Moyen-Orient, discussions 5+2 en Transnistrie-Moldavie. Elle est ainsi « prête à s’impliquer dans des formats où elle n’est pour l’instant pas représentée, comme le groupe Minsk de l’OSCE sur le conflit du Nagorno-Karabakh ».

Des missions d’assistance à la sécurité ou “Etat de droit”

L’UE dispose également de plusieurs missions déployées sur le terrain : observateurs en Géorgie (EUMM), assistance aux frontières (EUBAM) en Moldavie, formation de la police et surveillance des frontières (EUPOL et EUBAM) dans les territoires palestiniens. Et on peut faire plus, est-il mentionné, « en utilisant davantage les instruments de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) et les autres instruments de l’Union européenne ». Le document propose ainsi le « soutien (de l’UE à ces pays partenaires dans leurs efforts pour réformer la justice et la réforme de du secteur de sécurité », avec des missions Etats de droit ou d’autres instruments de la PESC. Elle entend aussi « faire un plein usage des dispositions du Traité de Lisbonne » pour répondre à toutes les autres menaces d’intérêt commun : sécurité des ressources énergétiques, non prolifération, criminalité transfrontière…

NB : précisons que la terminologie de la politique de sécurité et de défense commune a (quasi) totalement été évacuée de ce document. Il n’est mentionné qu’à une seule reprise, presque par inadvertance.

Télécharger le document complet dans la section les docs de B2

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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