Le dernier-né de la marine kenyane n’est pas un inconnu! Objectif : les pirates

Le Patrouilleur la Rieuse sur le slipway à la Réunion pour la révision Meco - mise en condition opérationnelle (Crédit : Marine Nationale, juillet 2010

(BRUXELLES2) Eh oui. Les connaisseurs de la marine auront reconnu la silhouette et l’immatriculation de La Rieuse. Le patrouilleur français, basé à la Réunion, va changer sous peu de pavillon, après 24 années de services dans la « Royale ». Il incorpore la marine kenyane et sera basé à Mombasa, avec comme premier objectif de maintenir la sécurité dans les eaux du sud de l’Océan indien, écumées par les pirates somaliens.

En route vers la Réunion, le patrouilleur qui bat encore le pavillon tricolore a pris à son bord une partie du futur équipage kenyan, pour les derniers apprentissages et exercices en commun. Au trajet de retour, ce devrait être en effet les Kenyans qui auront la main sur le gouvernail. Le nom du nouveau navire n’est pas encore connu.

Prix pour le Kenya : moins d’un million d’euros

Le prix de la cession reste confidentiel. Mais, selon nos informations, il serait inférieur à un million d’euros. « Les Kenyans font une bonne affaire » m’a confié un connaisseur du dossier. Le navire est, en effet, vendu en l’état avec tout l’équipement, y compris les canons. Seuls les équipements de communications et autres relevant du secret national seront retirés.

Et, même s’il n’est plus tout neuf, il est de bonne facture, assez récente. Construite en 1985, dans les ateliers de Cherbourg, La Rieuse est parfaitement adaptée à ces missions de contrôle de l’Etat en mer. Longue de près de 55 mètres, déplaçant 373 tonnes (480 tonnes à pleine charge), elle a un faible tirant d’eau (2,54 mètres), peut atteindre une vitesse maximale de 23 nœuds. Le patrouilleur a une autonomie de 21 jours, pouvant franchir 4200 nautiques à 15 nœuds.

Une nouvelle vie, mais toujours une même mission : la piraterie

Seul regret des Kenyans : « il n’y a pas d’hélicoptère ». Selon l’accord conclu avec les Français, ce sera le Kenya qui auront la charge de la maintenance et notamment devront assurer la grande révision du navire, qui peut au besoin être effectué non loin de Mombasa, dans les ateliers de Piriou Ingénierie à l’ïle Maurice, ateliers qui connaissent bien la machine pour l’avoir régulièrement entretenu.

Pour le Kenya, cet achat entre dans une montée en puissance de la surveillance de leurs côtes, notamment face à la menace de la piraterie. Ils pourraient acquérir ainsi au moins un autre navire, du même type.

Coté français, cette cession fait partie d’un plan plus général de réduction du nombre de navires et de refonte de la flotte. Tous les patrouilleurs de la série P400 doivent ainsi être soit vendus, soit désarmés d’ici 2015-2016. Avis aux amateurs…

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).