Espagnols et Italiens font des propositions sur la coopération structurée permanente

Camp espagnol à Eufor Tchad (crédit : ministère espagnol de la Défense)

(BRUXELLES2, exclusif) Il y avait la lettre suédo-allemande, celle du trio de Weimar (France, Allemagne, Pologne), il y a maintenant sur la table, une lettre commune de Rome et Madrid, envoyée début mai à la Haute représentante, Cathy Ashton. Une succession de missives qui laissent perplexes : pourquoi ces sujets ne sont pas débattus au sein des Conseils des Ministres et pourquoi les protagonistes sont obligés par des voies externes. Vaste débat.

Signée des ministres des affaires étrangères italien Franco Frattini et espagnol Trinidad Jimenez, la lettre – dont nous avons pris connaissance – vise à relancer la discussion sur la coopération permanente structurée (plus connue désormais sous son acronyme PESCO). Créé par le Traité de Lisbonne, ce dispositif a, en effet, pour l’instant, suscité des discussions sous la présidence espagnole et belge, mais sans déboucher sur des propositions concrètes. Les deux signataires préconisent donc une autre approche. Le « contexte budgétaire et politique actuel » oblige à « avoir une approche pragmatique concentrée sur le contenu plutôt que de s’attacher aux concepts et aux critères de la PESCO ».

Le commandement des opérations au coeur de la PESCO

Le renforcement de la capacité permanente de conduite des opérations civiles et militaires devrait être au centre de la PESCO, souligne la lettre. Il ne s’agit « pas d’avoir une approche politique ou institutionnelle mais de résoudre des lacunes capacitaires », particulièrement dans le domaine du « command and control ». Cela permettrait de fournir à la Haute représentante des moyens pour diriger des opérations civiles, militaires ou intégrées (civiles et militaires). Cette coopération pourrait aussi permettre d’apporter un soutien aux missions de secours en cas de catastrophes et humanitaires, et de rediscuter du concept des battlesgroups.

D’autres thématiques pourraient aussi être incluses dans la PESCO : la fourniture de capacités clés pour les opérations de l’UE – incluant le transport aérien tactique et stratégique, le renseignement les communications, des arrangements sur le financement de telles opérations, l’entraînement conjoint des pilotes d’avions et des structures déployables de soutien médical.

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Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).