Dernières nouvelles de la piraterie (6 mai 2011) (Maj)

(BRUXELLES2) 23 navires et au moins 518 personnes sont retenus en otage par les pirates somaliens, selon le QG de l’opération européenne anti-piraterie (Atalanta) ; ce sans compter les dhow et autres bateaux de pêche yémenites, pakistanais ou locaux. Selon l’ONG Ecoterra, qui prend en compte ces navires, les pirates détiennent 47 navires et 739 otages.

Les frégates Santa Maria et Canarias ancrées bord à bord à Djibouti (crédit : marine espagnole)

Relève au sein de l’opération Eunavfor Atalanta. Le navire finlandais Pohjanmaa, le Guépattre, la frégate espagnole Canarias, s’en vont. Et la frégate espagnole Santa Maria est arrivée (entre autres). En tout il y a six navires actuellement dont le Vasco Da Gama (Portugal), le Nivose (France), le Niedersachsen (Allemagne), et 4 avions (1 P3 Orion espagnol et1 allemand, 2 Merlin III luxembourgeois).

Jeudi (5 mai) Un baleinier suspect détruit près de la Somalie

Un baleinier avec 4 hommes à bord est intercepté à 10 milles des côtes somaliennes par la frégate néerlandaise HNLMS Tromp qui commande la mission de l’OTAN, Ocean Shield. Le baleinier est détruit et les 4 suspects relâchés à proximité des côtes, après interrogatoire. C’est un avion de patrouille espagnol d’Eunavfor Atalanta qui avait repéré, la veille, le bateau suspect, contenant un skiff et quatorze barils d’essence. Il pouvait servir de bateau-mère ou plutôt de bateau logistique pour des équipes pirates déjà déployées au large.

Mar (3 mai)  Les ravisseurs de l’Alakrana condamnés à 25 ans de prison

439 années de prison, c’est le total de la peine qu’inflige l’Audiencia Nacional espagnole aux deux pirates de l’Alakrana, Abdu Willy et Raageggesey Adji Haman, Les deux pirates ont été reconnus coupables de complot, de détention illégale, de vol qualifié et de 36 autres crimes contre l’intégrité des personnes, nous apprend la presse espagnole. En vertu de la législation nationale,  les deux somaliens effectueront une peine de 25 années maximum. Ils ont également été condamnés à verser à chaque membre d’équipage une somme de 2500 euros pour les biens dérobés et une somme de 100.000 euros pour le préjudice moral. L’Alakrana avait été capturé le 2 octobre 2009 alors qu’il pêchait à environ 120 milles marins des côtes somaliennes. Le texte du jugement précise qu’une rançon a bien été versée par les autorités espagnoles de moins de la moitié de la somme demandée par les pirates (10 millions d’euros) pour la libération.

Mar (3 mai) Un dhow pakistanais utilisé comme bateau-mère libéré

(Crédit : U.S. Navy - Chief Intelligence Specialist (SW/AW) Deshonia Wesley)

C’est le navire américain USS Bainbridge qui mène l’opération. L’approche du Al Saadi se fait à la faveur de la nuit. Et aux premières lueurs du jour, les forces d’abordage donnent l’assaut à bord de RHIB protégés par une hélicoptère SH-60B du Squadron Light 48, selon l’US Navy et Virginia Pilot. A la vue du navire, les pirates se rendent sans violence. Les 15 membres de l’équipage ont été libérés. 7 suspects appréhendés. A bord, des armes (sept AK47, 2 RPG) et plusieurs munitions ainsi que des grappins. Selon le capitaine du navire, ils ont été capturés il y a plus de six mois et servaient de bateau-mère. Ils ont ainsi participé à au moins trois attaques menés par différents groupes pirates. Les marins pris en charge par la marine américaine, notamment au niveau au niveau médical, et ravitaillés en fuel, avant de reprendre la mer. Les suspects pirates ont été libérés vers la Somalie.

MV SINAR_KUDUSDim (1er mai) Le Mv Sinar Kudus est libre

Capturé le 16 mars par les pirates alors qu’il voguait vers Suez en venant de Singapour, le MV SINAR KUDUS, a été libéré par les pirates, a confirmé le QG européen anti-piraterie Atalanta. Ce navire indonésien a été pris en charge et conduit vers l’Oman, escorté par la marine indonésienne.

Dim (1er mai) Les Danois relâchent 15 suspects après un mois de détention

La frégate danoise Esbern Snare qui retenait 15 suspects à bord depuis un mois après l’action, contre un bateau de pêche iranien dans le cadre de l’opération Ocean Shield (OTAN), les a libérés annonce le QG d’opération national. Le procureur spécial pour les crimes internationaux, après examen du cas, estime qu’il n’y avait « pas lieu de poursuivre selon la loi danoise » ou de preuves suffisantes. Les suspects sont déposés à terre. On peut préciser que si les frégates danoises sont très actives depuis 3 ans dans le Golfe d’Aden, elles remettent systématiquement en liberté les pirates appréhendés, la justice danoise refusant de se saisir de cas de piraterie. Le Danemark ayant un opt-out en matière de défense ne peut pas participer aux opérations de défense de l’UE, et bien qu’il soit membre de l’UE, ne peut pas non plus bénéficier des accords de « transfert de pirates » signés par les 27, dans le cadre de l’opération Atalanta.

Sam (30 avril) Un navire échappe à une attaque près de Karachi (Pakistan)

Selon l’agence de presse iranienne FNA, un cargo iranien échappe de peu à une attaque pirates en mer d’Arabie, à quelques encablures des côtes pakistanaises. Le Zarsan est, en effet, attaqué par deux skiffs pirates à 30 milles marins du port pakistanais de Karachi. C’est l’intervention de la 13e flotte iranienne, déployée depuis le 17 mars pour lutter contre la piraterie, qui fait échouer l’attaque. L’Iran participe aux opérations anti-piraterie dans le Golfe d’Aden depuis novembre 2008 après la prise du navire iranien MV Delight. Mais c’est le seul pays à ne pas être relié au dispositif multinational « Mercury« .

Sam (30 avril) Le Mv Gemini capturé par les pirates

Ce navire de Singapour transportant 28.000 t d’huile de palme est capturé, vers 7 heures du matin, très au sud de l’Océan indien, au large des côtes kenyanes ou tanzaniennes (selon les informations). Il comprend un équipage de 25 marins (13 Indonésiens, 5 Chinois, 4 Sud-coréens – dont le capitaine – et 3 Birmans). Détourné de sa destination (Mombasa), il fait alors route vers la Somalie.

Voir également :

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).