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Cathy chez les rebelles de Benghazi. Enfin l’Europe est là ! (Maj)

(crédit : Commission européenne)

(BRUXELLES2) Le drapeau européen flotte sur Benghazi. Et la chef de la diplomatie européenne, Cathy Ashton, est arrivée, ce dimanche (22 mai) dans le fief de l’opposition libyenne, pour inaugurer le bureau de liaison de l’UE en Libye, auprès de l’opposition démocratique. Un symbole.

« L’UE met ses paroles en actes »

« C’est un honneur de rencontrer les gens qui ont combattu pour la démocratie et un avenir meilleur pour la Libye » a déclaré la Haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères. « L’ouverture de ce bureau est un signe important de notre soutien à la population libyenne. L’UE met ses paroles en actes ». Plusieurs rencontres sont prévues, à cette occasion avec les représentants du Conseil national de transition (l’opposition libyenne), des membres de la société civile et des partenaires internationaux.

(crédit : alarabiya)

Un soutien aujourd’hui et pour le futur

« J’ai vu les mots de bienvenue à l’aéroport “nous avons un rêve ». Et « je suis là aujourd’hui pour expliquer et être très claire de l’intensité et l’ampleur du soutien de l’Union européenne au peuple libyen » a déclaré Cathy Ashton à l’issue de sa rencontre avec Mustapha Abdul Jalil, le président du CNT. Les deux interlocuteurs ont discuté d’un certain nombre de sujets : « le soutien à la gestion des frontières et la réforme de sécurité, le soutien à l’économie, la santé et l’éducation, le soutien à la société civile ». « Ce soutien – a précisé Lady Ashton – « n’est pas destiné à être juste limité à maintenant, il est destiné à durer dans l’avenir. La population libyenne doit discuter du futur qu’elle désire. Je suis ici – au nom des 27 pays de l’Union européenne – pour offrir notre soutien à votre futur ».

Un acte symbolique important, Enfin !

C’est une première à double titre : l’UE n’a pas de délégation en Libye. Et elle a rarement ouvert un bureau “technique” – de façon aussi officielle – dans une ville qui n’est pas la capitale du pays et est tenue par l’opposition à un régime. C’est aussi un “beau coup”, politique, pour le service diplomatique de l’UE – assez injustement critiqué ces dernières semaines – et pour Cathy Ashton, à titre personnel, juste avant la réunion des ministres des Affaires étrangères des “27”. Plusieurs responsables politiques européens – le Parlement européen dans sa grande majorité notamment – avait demandé des démonstrations symboliques à la Haute représentante. C’est désormais chose faite.

(crédit : Commission européenne)

Le bureau localisé à l’Hotel Tibesti

Le « bureau de liaison technique » de l’UE sera d’abord localisé à l’hotel Tibesti dans le centre de Benghazi, précise-t-on du coté de la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères. Là où se trouve déjà l’office européen d’aide humanitaire (ECHO), l’ONU et les autres agences internationales ainsi que les diplomates de différents gouvernements. « Nous sommes pour l’instant à Benghazi. Mais dès que ce sera possible, nous serons présents à Tripoli » précise un officiel de l’UE, voulant ainsi déjouer par avance toute accusation de jouer le jeu d’une partition de la Libye. Partition qui ne semble pas, selon les témoins sur place, la volonté des dirigeants de l’opposition.

Le siglage des véhicules, un élément fondamental de la présence européenne (crédit : Commission européenne)

Une équipe préparatoire, légère et discrète

Une équipe d’évaluation du service diplomatique était, sur place, depuis plusieurs jours pour préparer cette mise en place (sécurité, logistique…). Et l’équipe précurseure du bureau est arrivée jeudi à Benghazi, sous la direction d’Agostino Miozzo, le directeur du département “réponse de crises” pour ouvrir le bureau et préparer la visite de la Haute représentante de l’UE.

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Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).