Un Italien nommé envoyé spécial de l’UE au Kosovo ? (Maj)

(crédit : OTAN)

(BRUXELLES2) L’Italien Fernando Gentilini pourrait être nommé comme envoyé spécial de l’UE – par intérim (trois mois) – au Kosovo, affirme-t-on de source européenne. Le mandat de Pieter Fieth se termine en effet fin avril. Et il ne serait pas question de le renouveler. Le Néerlandais resterait en revanche à la tête de l’Office international civil (ICO) des Nations-Unies. Ce qui sonnerait ainsi la fin du double chapeau UE/International avant… d’en ouvrir éventuellement un second. Un appel à candidatures a, en effet, été fait pour pourvoir le poste de chef du bureau de liaison de l’UE à Pristina qui est une délégation sans le dire (5 Etats de l’UE ne reconnaissant toujours par le Kosovo, il est impossible d’établir en bonne et due forme une délégation/ambassade de l’UE).

Gentilini n’est pas un inconnu au Kosovo, une région qu’il a arpentée dans les années 2000 et il semble rester très impliqué sur le terrain, notamment dans les dernières discussions entre Belgrade et Pristina (menées sous l’égide de l’Union européenne par Robert Cooper, conseiller de la Haute représentante, Cathy Ashton). Né à Subiaco (Rome) en mars 1962, diplômé en droit de l’université de Rome, Fernando Gentilini embrasse la carrière diplomatique en 1990, après un service militaire (court) comme lieutenant de l’artillerie (en 1987). Après un passage au service central à Rome à la direction des ressources humaines, il exerce à Addis Abeba (Ethiopie, à partir de 1992), à la représentation permanente auprès de l’UE à Bruxelles (premier secrétaire à partir de fin 1996) et entre à l’Unité politique et d’alerte précoce du Conseil (EU Policy Planning and Early Warning Unit) dès ses débuts, en décembre 1999. Commence alors une carrière liée de près aux Balkans. Il devient directeur du département Balkans au ministère des affaires étrangères italien en décembre 2002. En mars 2004, il est nommé représentant personnel de Javier Solana au Kosovo. En octobre 2004, il est sérieusement blessé dans un accident de la route près de Mitrovica et doit être évacué. Il sera ensuite affecté à l’Unité politique du Conseil. Conseiller diplomatique adjoint du Premier ministre italien Romano Prodi (de août 2006 à 2008), il est nommé en juillet 2008 à un autre poste à risque, comme Haut représentant civil de l’OTAN en Afghanistan (jusqu’à janvier 2010).

NB : On peut remarquer que Fernando Gentilini retrouvera un autre envoyé spécial de l’UE de l’autre coté de la frontière, son compatriote Ettore Sequi qui officie à l’ambassade de l’UE à Tirana (Albanie), ainsi que Miroslav Lajcak qui dirige maintenant le département Balkans au Service diplomatique et était dans les années 2000 ambassadeur de son pays, la Slovaquie, en Serbie et Albanie (donc en charge du Kosovo).

(Mise à jour 6 mai) La nomination de F. Gentilini a été adoptée sous forme d’une décision par procédure écrite par le Conseil de l’UE le 6 mai. Cette discussion a un peu traîné pour deux raisons. Certains pays (notamment le Royaume-Uni) avaient encore quelques réticences ou, au moins, des interrogations à découpler les deux postes d’envoyé spécial de l’UE et de représentant de la communauté internationale – qui reste occupé par Pieter Feith. D’autres pays (Chypre, Slovaquie,…) qui n’ont pas reconnu le Kosovo ne voulaient pas rouvrir le débat du statut de l’ancienne province serbe et se retrouver à approuver une décision, entérinant de facto l’indépendance du Kosovo. Catherine Ashton, la Haute représentante de l’UE, a salué cette nomination par quelques de bienvenue : « Fernando Gentilini has an in-depth knowledge of the Western Balkans and of Kosovo in particular, and I look forward to working very closely with him. In his temporary position, he will prepare for a strengthened and long-term EU presence in Kosovo, in line with the Lisbon Treaty and the European perspective of the whole region. »

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Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).