Pas de demande d’assistance l’OCHA à l’UE, pour l’instant (Maj)

Camp en Tunisie à la frontière libyenne (Crédit : ONU/IRIN Kate Thomas)

(BRUXELLES2) Selon les dernières informations recueillies, le bureau de coordination des nations-unies pour les Affaires humanitaires (OCHA) n’a, pour l’instant, transmis aucune demande d’assistance à l’Union européenne (comme à l’OTAN) d’ailleurs pour bénéficier de moyens militaires à même de soutenir l’aide humanitaire. EUFOR Libya reste donc en stand bye… Une réunion a lieu au Caire en ce moment pour faire le point sur la situation.

« Si des besoins existent, ils peuvent être couverts par les moyens civils ou des ONG« , estime-t-on à l’organisation. Et le recours à des moyens militaires est à considérer comme un dernier recours. Clairement à l’OCHA – qui exprime pas seulement la volonté des Nations-Unies mais aussi celle les ONG présentes sur place – on estime que le risque est grand de « voir l’indépendance des organisations humanitaires remise en cause ». « Nous pourrions être perçus comme le service après-vente d’une opération politoco-militaire » affirme un de ses responsables. « Risque d’autant plus grand que ce sont souvent les mêmes Etats qui participent à l’opération militaire qui pourraient participer à l’opération humanitaire« .

Cela n’empêche cependant pas « tout Etat qui le souhaite, de mener des actions propres, de manière bilatérale ou individuelle » comme l’ont fait les Turcs récemment à Misrata de mener. « Nous ne pouvons empêcher personne d’agir. L’important est nous notifier cette action, d’en être informé, pour pouvoir ainsi coordonner les efforts de la communauté internationale« .

(Mise à jour 22h) L’OCHA a cependant appelé « tiré la sonnette d’alarme » mercredi sur la situation humanitaire en Libye. Alors que « les combats continuent en Libye, la communauté humanitaire est extrêmement inquiète sur la protection des civils ». Car « la situation humanitaire dans les zones les plus affectées par le conflit continuent de se détériorer » a indiqué mercredi l’organisation dans un communiqu. « Il y a un besoin urgent pour plus d’accès et de réponse humanitaire, d’intervention dans les zones de conflit au nord-ouest de la Libye et particulièrement à Misrata ».  Le nombre de personnes ayant fui la Libye s’élève désormais à près de 450.000. Environ 13.500 personnes restent coincées aux frontières de la Libye avec la Tunisie, l’Egypte, le Niger et l’Algérie.

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Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).