Le couple franco-italien réaffirme son attachement à la politique européenne de défense

(BRUXELLES2) La rencontre Sarkozy – Berlusconi, mardi (26 avril) à Rome a aussi été l’occasion pour les deux partenaires français et italien de rappeler leur « attachement au renforcement de la Politique de Sécurité et de Défense Commune (PSDC) » et la nécessité de consolider cette dernière. Ils exposent leurs revendications : un développement des opérations de la PeSDC, des instruments (agence européenne de défense, QG militaire d’opérations) et donnent une feuille de route à la Haute représentante. Une de plus…

Des opérations de la PSDC partout où les intérêts européens l’exigent

La France et l’Italie se montrent ainsi favorables au renforcement de la capacité de l’UE à agir, dans la cadre d’opérations de PSDC « partout où la situation et les intérêts de l’UE l’exigent et en mobilisant tous les instruments dont elle dispose ». On peut remarquer ainsi la double marque de la PSDC qui n’est pas seulement lié à une situation qui l’exige mais aussi à la défense des « intérêts de l’UE » et à la nécessité de mobiliser « tous » les instruments.

Au passage, on peut souligner que l’Italie apporte son soutien au processus (capacitaire et d’opérations) initié par les trois pays du triangle de Weimar dans leur lettre sur la défense européenne adressée à la Haute Représentante de l’UE le 6 décembre dernier.

Un QG militaire d’opérations à Bruxelles

Les deux leaders estiment aussi nécessaires de « renforcer et développer, sur une base permanente, les structures existantes vouées à la capacité de planification et de conduite des opérations de l’UE à Bruxelles ». Autrement dit de mettre en place un centre d’opérations militaires à Bruxelles.

Une Agence de défense, point de passage de la coopération

Un message de soutien est envoyé à l’Agence Européenne de Défense (AED), dont le travail permet de « faciliter, dans les faits, un meilleur partage des tâches et une coopération accrue entre eux et dans le cadre UE-OTAN ». Message qui n’est pas tout à fait anodin quand on se souvient les réticences à la nomination du nouveau directeur de l’Agence.

Une feuille de route pour la Haute représentante

Enfin les deux compères dressent une feuille de route pour la Haute Représentante de l’UE lui demandant de « présenter rapidement des propositions précises », en particulier sur trois points : 1) un rapport d’étape sur les capacités et les opérations (qui est de toute façon prévu à l’ordre du jour de tous les conseils formels de la défense), 2) la relation UE/OTAN (un mandat donné par le Conseil européen en septembre), 3) la capacité permanente de planification et de conduite des opérations (dont on n’a effectivement plus de nouvelles). L’objectif restant d’arrêter des « résultats concrets » lors d’un prochain Conseil européen, qui se déroulera sous la présidence polonaise, et sera donc consacré, en partie aux questions de défense.

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Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).