Deux drones US 24h sur 24 en renfort en Libye. Pour quoi faire ?

Le poste de contrôle du Predator, ici en Irak (crédit : US Army, juillet 2004)

(BRUXELLES2) Robert Gates, le ministre de la Défense américain, l’a confirmé jeudi (21 avril). Des drones armés arrivent en renfort en Libye. Jusqu’à présent, il y avait des drones mais qui effectuaient uniquement des missions ISR (reconnaissance). Désormais ils pourront être aussi équipés de missiles et viser des cibles au sol. Le Predator est l’outil plutôt adapté à la situation. Volant plus bas, plus lentement, plus longtemps (24 heures), il est plus apte à cibler des objectifs plus urbains. Kadhafi a changé de tactique, se « nichant dans les zones surpeuplées pour éviter d’être ciblés par des avions de l’OTAN », selon R. Gates. Pour les Américains, cela permet donc un appui supplémentaire à ses alliés français et britanniques dans le conflit libyen, sans risque humain ni un gros engagement financier. En cas de crash, la perte humaine = 0 (du moins coté américain) et le coût aussi est moindre. Environ 5 millions $ l’appareil contre un avion à 100 millions $ ou plus. L’engagement sera aussi limité : il y aura 2 drones 24 heures sur 24 a précisé le général James Cartwright, vice président de l’Etat-Major des armées.

Du matériel US pour le CNT

Les Américains vont aussi apporter une assistance matérielle aux forces du CNT. « Des uniformes, des cantines et d’autres matériels non léthaux » a indiqué Robert Gates, lors d’une conférence de presse. Coté américain, le principal souci n’est pas de principe mais concret : éviter que du matériel à forte technologie US tombe en de mauvaises mains (traduisez : forces de Kadhafi ou forces d’Al-Quaeda). Comme l’a souligné ironiquement Gates : « Je ne suis pas inquiet si la technologie de nos cantines tombe dans de mauvaises mains ».

(Maj) Un drone a effectué une frappe avec succès, samedi vers 13 heures (11h GMT) aux alentours de Misrata, détruisant un lance roquettes multiples (type Grad) a confirmé l’OTAN. C’est le premier engagement des drones américains. Le drone engagé jeudi ayant dû faire demi-tour « à cause du mauvais temps ».

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).