EUFOR Libya & l’OCHA : je t’aime, moi non plus !

(BRUXELLES2) Non « l’opération EUFOR libya ne se planifie pas à un rythme d’escargot » vient de m’indiquer un diplomate européen au fait du dossier. Mais, oui, avec l’OCHA nous nous sommes mis dans une véritable « usine à gaz », reconnait-il. Un propos qui semble approuvé par plusieurs diplomates de différents Etats membres (mais pas par d’autres). Tout cela mérite un peu  d’explications…

La planification est-elle bloquée ? D’un point de vue formel, la planification suit son cours, « à un rythme plutôt rapide et même accélérée« . L’équipe du rear-admiral Gaudiosi (commandant d’EUFOR Libya) planche, en fait, « non pas sur un plan d’opération mais sur plusieurs projets« , selon les options qui seront définitivement approuvées et la demande du Bureau de coordination des Affaires humanitaires (OCHA). Et plusieurs pays ont déjà indiqué leur disponibilité à participer à l’opération (France, Italie, Allemagne, Autriche, Finlande, Rép. Tchèque, Malte… d’après mes informations). « Mais ce n’est pas là où est le problème. Le problème c’est l’accord de l’OCHA ». L’OpPlan et la génération de forces ne pourront, en effet, être officiellement approuvé qu’après le feu vert de OCHA qui, apparemment, n’est toujours pas décidé à le donner (lire : EUFOR Libya : la réponse de Lady Amos (OCHA) à Lady Ashton (UE))

Pourquoi l’UE s’est lié à un aval de l’OCHA ? Cette disposition a surgi, en mars, sur une initiative de plusieurs pays (Allemagne, Irlande, Suède) et du Haut représentant comme une possibilité de compromis permettant d’approuver la décision EUFOR Libya. « Nous ne sommes pas vraiment rendu compte de l’usine à gaz dans lequel on se fourrait » avoue notre interlocuteur.

Comment juge-t-on l’attitude l’OCHA en interne ? « J’ai l’impression que tout ce dialogue est dominé par l’idéologie qui n’a aucun rapport avec ce qui se passe sur le terrain et dans la réalité. C’est du fondamentalisme. OCHA n’était d’ailleurs pas présente sur le terrain jusqu’à peu. » Il y a aujourd’hui au moins « 20.000 étrangers coincés à Misrata« , entre le port et dans la ville. » D’autres organisations comme le HCR (réfugiés) ou l’OIM (migrations) de la galaxie des Nations-Unies « ont une approche beaucoup moins dogmatique »…

NB : on peut préciser que Valérie Amos a failli intégrer l’Union européenne. Candidate au poste d’envoyé spécial auprès de l’Union africaine, elle avait été recalée faute de pratiquer la langue de Voltaire. Autant dire qu’elle a gardé une petite dent contre l’UE.

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