La Bundeswehr ca va, ca vient…

Un des Awacs de l'OTAN sur sa base en Allemagne (crédit : OTAN)

(BRUXELLES2) Après la décision de l’OTAN de déclencher une opération de contrôle de l’embargo sur les armes au large de la Libye, le gouvernement allemand a annoncé sa décision de reprendre le commandement de deux frégates et deux navires de guerre avec 550 marins et militaires à bord, et de retirer ses soldats (environ 60-70) des Awacs de l’OTAN qui effectuent des missions de reconnaissance sur la Méditerranée. La frégate « Hamburg » (env. 200 soldats) et le navire « Oker » (env. 80 soldats) engagés dans la mission anti-terrorisme « Active Endeavour« , repassent ainsi sous le pavillon national tout comme la frégate « Lübeck » (env. 220 soldats) et le chasseur de mines « Datteln » (env. 40 soldats).

Mais cette décision n’est pas à sens unique. L’Allemagne a parallèlement décidé d’envoyer 300 soldats supplémentaires en Afghanistan pour participer à des vols de reconnaissance AWACS, ce jusqu’à fin janvier 2012. Ce qui permettra ainsi de soulager d’autant les Alliés, notamment américains, engagés au large de la Libye.

La mission allemande Awacs en Afghanistan

Pour permettre cet engagement supplémentaire en Afghanistan, la limite maximale d’engagement va être portée à 5300 soldats. Un maximum jamais atteint depuis le début de l’opération en 2001 (jusqu’ici la limite était fixée à 5000 plus une réserve de 350 soldats pour des « situations particulières« , réserve qui n’a jamais été utilisée). Le cabinet gouvernemental doit avaliser cette décision mercredi avant d’être soumise au Bundestag vendredi. Ce qui ne devrait pas poser de problème. La CDU-CSU et le SPD, les deux partis principaux de la majorité et de l’opposition ont dit oui. La Gauche (Die Linke) et Les Verts ne sont pas d’accord. Tandis le FDP, le parti de Westerwelle hésite encore.

Cette mission des Awacs de l’OTAN en Afghanistan avait été décidée en juillet 2009 mais en raison du manque d’autorisations de survol de l’Azerbaïdjan et le Turkménistan, les machines de l’OTAN n’avaient pu être utilisées. Et le gouvernement n’avait pas renouvelé l’autorisation en décembre. Une nouvelle mission avait démarré en janvier, mais l’Allemagne avait reporté sa réponse après les 3 premiers mois.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).