EUFOR Libya : une dernière interrogation… chypriote

(BRUXELLES2) Si la décision sur EUFOR Libya ne semble plus poser de gros problèmes, il reste encore une interrogation. On ne peut pas parler encore de « réserve ». C’est celle de la république chypriote. En effet, la décision mentionne la nécessité d’une « collaboration étroite » avec… l’OTAN. Sujet délicat pour la république chypriote qui se heurte régulièrement au veto turc sur l’élaboration d’un accord de sécurité. L’ambassadeur chypriote au COPS – que j’ai contacté – semblait pourtant confiant et m’a assuré qu’un accord pourrait être trouvé, au besoin en réécrivant ou en amendant légèrement le paragraphe concerné. N’oublions pas que le 1er avril est jour de la fête nationale grecque chypriote.

Bloquer cette décision pour ce motif mettrait en effet la république chypriote dans une position très délicate vis-à-vis de ses partenaires. Et, paradoxalement, elle servirait surtout les intérêts de… la Turquie qui pousse, en effet, l’OTAN à s’engager dans une opération similaire à celle de l’Union européenne.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).