Dernières nouvelles de la piraterie (27 mars 2011)

(BRUXELLES2) La prison de Hargeisa (Somaliland) est désormais terminée et pourrait être inaugurée rapidement. 88 des pirates détenus dans cette province autonome de Somalie pourraient y être transférés, ainsi que d’autres pirates qui sont actuellement détenus dans d’autres pays notamment aux Seychelles. Lire également : Les Seychelles signent un accord de rapatriement des pirates condamnés

Samedi (26 mars). Nouvelle action de force de la marine indienne. L’INS Suvarna a intercepté un bateau mère, le Mv Morteza, un chalutier iranien utilisé par les pirates comme un bateau mère, à l’ouest des iles Lakshadweep, alors qu’il tentait d’attaquer un navire marchand le Mv Maersk Kensington. 16 marins (12 Iraniens et 4 Pakistanais) ont été libérés et 16 pirates somaliens arrêtés, selon le porte-parole du ministère indien de la défense. Le bateau-mère avait été repéré par un avion de patrouille maritime TU142 vers 11 du matin. L’INS Survana qui patrouillait dans la zone ainsi que le navire des gardes-côtes ICGS Sangram. La scène ensuite est habituelle typique du mode d’intervention indien : fuite des pirates, poursuite, tirs de sommation, le bateau-mère prendre feu, et tout le monde passe par-dessus bord, les navires indiens n’ont plus ensuite qu’à recueillir les rescapés. Lire également :

Les deux hélicoptères SH-60F et SH-60B (crédit : US Navy / 3rd Class Robert Guerra)

Jeudi (24 mars). Le MV Falcon Trader II, un navire marchand battant pavillon philippin, échappe à une attaque pirates. Alors que les 20 marins philippins de l’équipage se sont réfugiés dans la citadelle, deux hélicoptères américains du porte-avions USS Enterprise (CVN 65) et du croiseur lance-missiles USS Leyte Gulf (CG 55) interviennent. Des tirs de sommation sont effectués. Les pirates quittent le bord et sautent dans leur skiff, poursuivis par l’hélicoptère. Tandis qu’ils rejoignent le bateau-mère, les « pirates tirent sur l’hélicoptère avec des armes légères (AK-47). L’hélicoptère et son équipage n’étant pas armés, ils rebroussent chemin » déclare l’US Navy. « Nous pouvions voir les lueurs de leurs AK-47 mais nous n’avons pas été touchés », selon le Lt. Joshua A. Overn, le pilote de l’hélicoptère. Après s’être entretenu en tagalog avec l’équipage du navire marchand, qui était resté dans la citadelle durant tout ce temps, une équipe de visite du Leyte Gulf a visité, le lendemain, le navire pour s’assurer saisir les armes restantes et sécuriser le navire. L’équipage a alors pu sortir et reprendre le chemin.

Jeudi (24 mars). Les pirates de l’Arctic Sea jugés. Six des huit pirates qui avaient tenté de prendre l’Arctic Sea ont été condamnés à des peines de 7 à 12 ans de prison par un tribunal d’Arkhangelsk (Russie).

Mercredi (23 mars) Le « MSC EVA » échappe à une attaque pirate vers 15h (zoulou) à 650 milles à l’ouest de Cochin (Inde), coordonnées 9° Nord – 66° Est. 2 skiffs pirates prennent en chasse le navire, plusieurs tirs sont effectué sur la cabine, sans dégât supplémentaire. Le navire réussit à s’échapper.

Mercredi (23 mars). Perquisition chez Beluga. La police allemande a fait une descente dans les bureaux du groupe allemand de transport maritime Beluga, à la recherche de preuves de fraude possible commises par son ancien directeur, Niels Stolberg. Un navire de cet armateur, le Mv Beluga Nomination a été capturé par les pirates le 22 janvier, au terme d’une sanglante attaque. Le navire est toujours prisonnier des pirates, ancré au large de Harardere (Somalie). Tandis que la compagnie maritime se trouve aujourd’hui en grande difficulté financière, cherchant à éviter la faillite, et la presse allemande fait état de plusieurs fraudes, notamment du gonflement du chiffre d’affaires avec des transactions fictives. Lire également : L’affaire du Beluga devient affaire judiciaire. Les questions se posent…

Mercredi (23 mars). Contribution britannique à la lutte anti-piraterie. Le Royaume-Uni annonce une contribution de six millions de livres à la surveillance maritime contre la piraterie dans l’Océan indien : 5,3 millions pour le programme de l’United Nations Office on Drugs and Crime (UNODC), qui mène un programme d’augmentation des capacités pénitentiaires dans l’Océan indien (Maurice, Somalie) et forme les magistrats et policiers de plusieurs pays (Somalie Kenya, Seychelles) + 600.000 livres pour améliorer l’équipement en imagerie optique des gardes-côtes des Seychelles.

Mardi (22 mars). L’Avocet échappe à une attaque. Le vraquier turc « Avocet » (possédé par Eagle Bulk Shipping) échappe à une attaque vers 14h Zoulou, à environ 90 milles au sud de Al Mukalla (Yémen), 13° Nord – 49° Est. Les gardes à bord du navire répliquent et font feu. Un pirate blessé mortellement. Un navire de guerre présent dans la zone intervient et capture les pirates. Mais ils seront relâchés, après été désarmés.

Mardi (22 mars). Un canot du Sinar Kudus détruit. Le navire australien HMAS Stuart qui participe à l’opération anti-piraterie de la coalition CTF 151 détecte, à 230 milles au sud-est de Salalah (Oman), le MV Sinar Kudus, un cargo précédemment saisi par les pirates qui trainait en remorque un skiff à vide. Les militaires australiens mitraillent le canot le rendant inutilisable pour une attaque. Pas plus d’information. Lire également : Nouvelle tactique. Les pirates accélèrent la reconversion du bateau piraté en bateau-mère

Lundi (21 mars). Un tanker chimique « Liquid Crystal » est capturé par les pirates, vers 12h (zoulou), à environ 525 milles à l’est de Salalah (Oman), 17° nord – 63° est, avant d’être libéré. L’équipage du navire s’enferme dans la salle des machines. Les pirates prennent pied à bord de ce navire grec qui bat pavillon panaméen. Ils tentent de pénétrer dans la timonerie. L’équipage sera libéré au bout de 3h30, avec l’intervention d’un navire de guerre. Aucun pirate n’est arrêté

Lundi (21 mars). Un tanker pétrolier « AL-Nouf » échappe à une attaque le matin (9h Zoulou), à environ 540 milles à l’est de Mogadiscio, en Somalie) 3° Nord, 53° Est. Ce navire des Emirats arabes unis, battant pavillon liberian, est attaqué par un groupe pirates composé d’un bateau-mère (sans doute le Jih-Chai Tsun 68), et de deux skiffs avec 14 pirates à bord, avec armes légères et RPG. Une partie de l’équipage se réfugie dans la citadelle, sauf le capitaine, deux membres d’équipage, et 3 membres de l’équipe de sécurité, restent sur le pont. Trois marins sont touchés par les tirs dont l’un était gravement.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).