Hélicoptère néerlandais à Syrte : les Libyens étaient prévenus !

(BRUXELLES2) L’arrestation de l’hélicoptère néerlandais du Tromp avec ses trois membres d’équipage (2 hommes et 1 femme) par les Libyens sur une plage près de Syrte, n’est sans doute pas due au hasard. Quand l’hélicoptère décolle de la frégate Hr. Ms. Tromp (*), à 16 heures, en plein jour, ce dimanche 27 février, les autorités libyennes semblent déjà averties de sa venue, selon le rapport qu’en ont fait les ministres de la Défense et des Affaires étrangères, Hans Hillen et Uri Rosenthal devant les députés.

L’effet de surprise est perdu

L’hélicoptère devait, en effet, évacuer deux personnes : non seulement, un ingénieur néerlandais de la Royal Haskoning mais aussi une Suédoise (Rose E.). La situation dans la région devenait tendue. Et il fallait faire vite, selon le ministre. Mais la femme a été arrêtée par des soldats libyens quand elle était en chemin vers le site d’évacuation. « La vitesse à laquelle (l’ingénieur) et l’équipage ont été maîtrisés suggère que le régime libyen avait connaissance à l’avance de l’opération. (…) Une partie importante du plan d’opération, l’élément de surprise, a de la sorte été perdu, malheureusement. » expliquent les deux ministres dans la lettre qu’ils ont transmise aux parlementaires néerlandais.

D’où vient la fuite d’information ?

La raison de cette perte d’information n’est pas encore bien cernée, du moins publiquement. Est-ce de possibles écoutes effectuées sur l’ingénieur ou l’arrestation de la Suédoise qui a renseigné les services libyens comme le supposent les médias néerlandais ? On pourrait aussi croire à une indiscrétion commise par l’un ou l’autre, voire le réseau de contrôle « social » ou les soutiens locaux du régime ; Syrte est plutôt connue pour être la ville natale de Kadhafi et un de ses bastions fidèles… Quoi qu’il en soit, quand survient l’appel de détresse, à 17h13, il est trop tard : « 30 hommes armés ont (déjà) entouré l’hélicoptère. »

Une autre alternative ?

L’autre point d’interrogation est l’existence d’une alternative d’évacuation. Un avion bosniaque devait se poser, le lundi (28 février), à Syrte et rapatrier 85 personnes. Avec l’autorisation des autorités libyennes de Tripoli. Et comme l’a affirmé le ministre bosniaque des Affaires étrangères devant la télévision, il était prêt à embarquer l’ingénieur néerlandais. L’autorisation de vol a ensuite été annulée, après l’incident de l’hélicoptère néerlandais.

NB : Alors que le ministère de la Défense affirmait, dans un premier temps, que l’équipage avait été « correctement traité », il apparait — comme le relatent les quotidiens Volkskrant et Telegraaf — qu’un des membres de l’équipage a subi pendant le premier interrogatoire des « violences physiques ».

(*) Le Tromp était engagé dans une mission d’évacuation près du port de Misrata

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