Livraison d’armes à la Libye : Qui a livré quoi ?

Le ministre de la Défense italien au salon des armements Idex 2011 à Abu Dhabi (Crédit : ministère IT de la Défense)

(B2) Qui a livré quoi ? La réponse est : 14 des 27 Etats membres de l’Union européenne ont exporté des armes vers la Libye en 2009, selon les chiffres du dernier rapport publié par l’Union européenne.

Au total, 283 licences ont ainsi été délivrées aux exportateurs européens pour un montant estimé de 343,7 millions d’euros (si on prend la valeur des licences) ou de 173,9 millions d’euros (si on prend la valeur des armes). C’est ce dernier chiffre qu’il faut prendre en compte. A signaler que 7 licences d’exportation ont été refusées.

Le champion toutes catégories est… Malte avec près de 80 millions d’euros en armes de petits calibres, suivi de l’Allemagne (53 millions), l’Italie et la France (44 millions chacun, le Royaume-Uni (25 millions).

En matière d’équipements, les deux pays à avoir fourni quasiment toute la palette d’équipements militaires recensés dans le catalogue européen (qui comprend 22 rubriques) sont le Royaume-Uni, en premier lieu, suivi de la France, fournissant notamment les agents chimiques “anti-émeutes”.

Nb : on prend ici en compte les exportations “légales”.

Détails

Allemagne (9 licences) : 53,15 millions d’euros = armes de petit calibre inférieur à 20mm ; torpilles, roquettes, missiles ; véhicules terrestres ; matériel électronique divers ; équipements de blindage (casques, vêtements, tôles…) ; systèmes d’armes à énergie dirigée (lasers…) ; autres matériels de technologie.

Autriche (1 licence) : 0,002 millions d’euros (2.476 euros) (armes de petit calibre inférieur à 20mm

Belgique (11 licences) : 22,3 millions d’euros = armes de petit calibre inférieur à 20mm ; matériel de fabrication et d’essai ;

Bulgarie (1 licence) : 3,7 millions d’euros = munitions et dispositifs de réglage de fusées

France (58 licences) : 44,35 millions d’euros = armes de petit calibre inférieur à 20mm ; torpilles, roquettes, missiles ; matériel de conduite de tirs et matériel d’alerte ; véhicules terrestres ; agents chimiques ou biologiques toxiques, notamment les agents anti-émeutes (pour 476.000 euros) ; aéronefs, drones et moteurs d’avions ; matériel électronique divers ; équipements de blindage (casques, vêtements, tôles…) ; matériels d’imagerie (infrarouge, radar…) ; matériel de fabrication et d’essai ; autres matériels de technologie.

Espagne (2 licences) : X euros = aéronefs, drones et moteurs d’avions.

Grèce (1 licence) : 0,03 millions d’euros (33.555 euros) = véhicules terrestres.

Italie (10 licences) : 44,7 millions d’euros (valeur des licences = 111,80 millions d’euros) = armes de petit calibre inférieur à 20mm ; torpilles, roquettes, missiles ; aéronefs, drones et moteurs d’avions ; matériel électronique divers ; équipements de blindage (casques, vêtements, tôles…) ; matériels d’imagerie (infrarouge, radar…).

Lettonie (1 licence) : 0,2 million d’euros (254.000 euros) = aéronefs, drones et moteurs d’avions.

Malte (4 licences) : 79,69 millions d’euros = armes de petit calibre inférieur à 20mm.

Pologne (2 licences) : 2,0 millions d’euros = aéronefs, drones et moteurs d’avions.

Portugal (44 licences) : 4,6 millions d’euros = aéronefs, drones et moteurs d’avions.

Slovénie (1 licence) : 0,2 million d’euros (274.000 euros) = aéronefs, drones et moteurs d’avions.

UK Royaume-Uni (138 licences) : 25,5 millions d’euros = armes de petit calibre inférieur à 20mm, munitions et dispositifs de réglage de fusées ; torpilles, roquettes, missiles ; matériel de conduite de tirs et matériel d’alerte ; véhicules terrestres ; agents chimiques ou biologiques toxiques, notamment les agents anti-émeutes (pour 210.700 euros) ; aéronefs, drones et moteurs d’avions ; matériel électronique divers ; équipements de blindage (casques, vêtements, tôles…) ; matériel d’entrainements (ex. simulateurs) ; matériels d’imagerie (infrarouge, radar…) ; logiciels à usage militaire (Command & Control, contrôle d’armes…) ; autres matériels de technologie.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

Une réflexion sur “Livraison d’armes à la Libye : Qui a livré quoi ?

  • 23 février 2011 à 18:12
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    Et pendant ce temps là, après 2 avions arrivés à Malte, puis 1 avion volontairement écrasé, c’est 1 navire qui vient de “fuir” et d’accoster à Malte.
    Ces matériels sont “mobiles” et “fuyables”, alors que visiblement de nombreux chars, de nombreuses armes n’auront pas servi contre la population. Il semble que l’armée, dans une bonne proportion, ait au contraire épaulé les manifestants contre les mercenaires embauchés par Kaddhafi.

    Cela prouve, si besoin en était, qu’il n’est nul besoin de tonnes d’armes pour tuer un peuple désarmé, et que les armes en tant que tel (comme le navire, les avions ou les chars en l’occurrence) ne sont dangereux qu’en fonction de leurs gardiens. Un avion équipé de roquettes piloté par le colonel qui a atterri à Malte était moins dangereux pour le peuple libyen que 3 AK47 dans les mains de 3 mercenaires.

    Par ailleurs à parler de “gaz toxique”, il faut prendre quelques pincettes. Si la France exporte des outils comme les “grenades lacrymogènes”, elle n’exporte pas d’armes nucléaires, bactériologiques ou chimiques. Elles ne fabrique, ne détient ni n’utilise d’ailleurs pas elle même d’armes bactériologiques ou chimiques, ni de bombes “sales” (matériaux radioactifs sans réaction en chaîne). Pourtant il est facile de fantasmer sur la signification du mot “gaz” lorsque ce n’est pas précisé.

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