La « nouvelle révolution » arabe, sujet du sommet européen ?

Les révoltes de janvier dans le monde arabe devraient être évoquées au sommet européen. Le sujet n’est pas à l’ordre du jour puisque la rencontre des chefs d’Etat et de gouvernement prévue à Bruxelles de longue date (le 4 février) était informelle et devait être consacrée à l’énergie et l’innovation. Mais la question du tremblement de terre qui secoue le monde arabe, l’Egypte en particulier, devrait « monter » au Sommet européen. « Tout dépendra de la situation d’aujourd’hui mais l’expérience parle. Je ne vois pas comment ce sujet ne pourra pas ne pas être évoqué » a confié une diplomate en poste à Bruxelles.

(mis à jour) « Les progrès démocratiques en Egypte et en Tunisie seront bien sûr à l’agenda du sommet européen » a confirmé, mercredi le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. « « We want to support and accompany the fast-moving transition in the best and most effective way. These countries are not only our geographic neighbours, they they also share common values to help shape a larger community ».

Une réflexion à venir plus complète entre Ministres des Affaires étrangères

Outre les déclarations habituelles, en commencement ou en fin de session, les 27 pourraient donner le coup d’envoi d’une réflexion plus générale. Une réflexion qui va se poursuivre au prochain conseil des Affaires étrangères.

La discussion entre les ministres des Affaires étrangères, lundi, a en effet été très poussée. « 2 heures et demi de discussions intenses où chacun a pu s’exprimer » relate un diplomate européen. Mais elle n’a pas été suffisante. Car d’autres évènements sont survenus entretemps, notamment la manifestation monstre dans les villes d’Egypte qui sonne la fin du régime de Moubarak. La réflexion va continuer.

Remettre à plat les dispositifs européen vers la Méditerranée

Pour la ministre française des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, qui s’exprimait hier de vant les journalistes, la réflexion doit se situer à « trois niveaux » et en trois temps. Une réflexion immédiate sur « les pays qui sont aujourd’hui en crise, pour lesquels il doit y avoir une action de l’UE. Il faut renforcer notre solidarité et notre coopération avec les pays du sud de la Méditerranée, il faut donc réfléchir à harmoniser les différents instruments et processus d’action (comme le groupe 5+5, l’Union pour la Méditerranée…). Il faut enfin une réflexion plus globale sur les relations qu’a l’UE avec les autres pays autres que le sud de la Méditerranée… Nous aurons sûrement d’autres séances consacrées à cette problématique ! » a-t-elle conclu.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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