Journalistes harcelés en Egypte: « Convoquer » les ambassadeurs d’Egypte dans l’UE ?

Malgré les abjurations des autorités européennes, les intimidations contre les journalistes semblent continuer en Egypte. A un rythme sans doute moins soutenu et moins brutal qu’hier (jeudi 3 fév.). Mais tout de même…

Nous avons ainsi reçu un témoignage que plusieurs journalistes (Jeune Afrique, Gazeta Wyborcza) étaient confinés dans leur hôtel. « Si nous sortons nous sommes a la rue, notre hôtelier ayant été mené au poste, interrogé, il a été appelé au téléphone pour savoir s’il logeait des étrangers. » De façon plus générale, les étrangers ou tout ce qui ressemble à des étrangers est suspect et interpellé, voire tabassé. A Paris, Michèle Alliot-Marie, la ministre des Affaires étrangères, a publié un communiqué exprimant publiquement son inquiétude sur « le sort de trois journalistes et d’un chercheur français dont les autorités françaises sont sans nouvelles ».

Pour Cathy Ashton, que nous avons interrogée, « la sécurité des journalistes est ma constante préoccupation. J’ai demandé aux autorités égyptiennes (NB : au vice-président Souleimane) que la sécurité des journalistes soit assurée. » Mais c’est tout… Il serait temps d’avoir un geste de portée à la fois diplomatique et symbolique, autre qu’une déclaration. Il ne s’agit pas là de s’ingérer dans la politique égyptienne. Mais d’avoir un geste ferme pour protéger des citoyens européens et  la liberté de la presse. (*)

Pourquoi ainsi ne pas convoquer l’ambassadeur d’Egypte auprès de l’UE ainsi que chaque ambassadeur dans les capitales européennes concernées ? Il y a, en effet, une politique systématique d’intimidation, d’agression, de confiscation des matériels visant à obliger les journalistes à plier bagage (lire aussi le bilan publié par Reporters sans frontières).

Mis à jour

(*) (20h) Lors de sa conférence de presse, Nicolas Sarkozy a aussi répété que les violences étaient “inacceptables”. « Si ça devait se poursuivre, cela aurait des conséquences graves sur nos relations avec un pays quel qu’il soit » Il a ensuite ajouté. « Soit cela s’arrête. Soit cela continue cela veut dire quelque chose » que le gouvernement est derrière ces violences.

(*) (21h) Cathy Ashton a fait la déclaration suivante “The High Representative is deeply concerned about incoming reports on the increasing number of attacks and arrests of journalists and human rights defenders in Egypt. She calls for their immediate and unconditional release by the Egyptian authorities. The intimidation, harassment and detention of journalists and human rights defenders is completely unacceptable. Human rights and freedom of speech are fundamental values and need to be respected. Journalists and human rights defenders must be allowed to do their jobs.”

(*) 23h. Le comité de protection des journalistes confirme la mort d’un journaliste égyptien.Ahmad Mohamed Mahmoud, travaillait pour Al-Ta’awun. Il aurait été atteint d’un tir sans doute par un sniper alors qu’il photographiait des affrontements entre forces de l’ordre et manifestants, le 28 janvier, près de la place Tahrir.

Lors de sa conférence de presse, Nicolas Sarkozy a aussi répété que les violences étaient “inacceptables”. « Si ça devait se poursuivre, cela aurait des conséquences graves sur nos relations avec un pays quel qu’il soit » Il a ensuite ajouté. « Soit cela s’arrête. Soit cela continue cela veut dire quelque chose » que le gouvernement est derrière ces violences.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).