Des « petits pays » bien utiles à l’Europe…

Certains pourront être étonnés ou découvrir qu’il n’y a pas en matière de défense européenne que la France et l’Angleterre ou l’Allemagne mais que d’autres pays comptent aussi. Qui n’ont pas des moyens démesurés. Mais n’hésitent pas à les utiliser, à jouer la carte européenne.

Trois exemples récents le prouvent

  • Qui a répondu à l’appel d’évacuer les Européens de Libye ? l’Autriche, le Portugal, la Grèce…
  • Qui a répondu lors des feux de forêts en Israël ? : la Grèce, la Bulgarie et Chypre…
  • Qui était là lors d’opération Eufor au Tchad (pour compléter l’effort français et éviter que ce soit une opération “nationale”) ? : la Pologne, l’Autriche, la Suède, la Finlande…

Ces trois exemples permettent ainsi de mesure que ce n’est pas le nombre de milliers de soldats, de millions d’euros et d’avions alignés sur un tarmac qui font l’utilité d’un pays en matière d’Europe de la Défense. Mais bien la volonté politique et l’opportunité de décision. Pourquoi ? Car les opérations de défense de l’Union européenne ne sont pas des opérations frontales où c’est le nombre et la force qui s’imposent. Mais des opérations d’intervention ponctuelles où ce qui compte est d’avoir le moyen disponible et de l’utiliser…

A ce compte, on ne peut que remarquer que deux ou trois pays sont régulièrement manquants à l’appel ces dernières années (qui cependant en théorie ne manquent pas de moyens) : l’Allemagne et l’Italie, d’une part, qui sont en passe de devenir des “petits” pays en matière d’Europe de la défense. Et le Royaume-Uni d’autre part, qui a réservé l’essentiel de ses forces à l’Afghanistan ; ce qui le prive de pouvoir agir sur d’autres terrains du monde (dans une sorte de Mers el Kébir à l’envers !)

En matière d’Europe de la défense, il faudra donc se départir à l’avenir de toute tentation de “mépris” pour les “petits pays”. Et les considérer comme un apport utile, voire indispensable au niveau européen.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).