« Il faut se remobiliser » dit Ashton

« C’est un véritable changement culturel auquel nous sommes confrontés » a expliqué Cathy Ashton lors d’une des premières réunions du « Board » du nouveau service diplomatique européen. « Le défi sera de faire la politique étrangère d’une façon différente » a-t-elle expliqué en substance. Objectif : développer le rôle de l’Europe comme d’un « soft power » dans le monde en réconciliant les différentes visions européennes (Conseil, Commission, Parlement, Etats membres…).

Le rôle de l’UE : la valeur ajoutée

En effet, la tâche est « immense ». D’abord, la pression est forte de la part des ministres ou des parlementaires jugeant que l’UE n’en fait pas assez et n’est pas apte à gérer les crises. Cathy Ashton le reconnaît. Mais le rôle de l’UE n’est pas automatiquement d’agir vite, se défend-elle. Elle « ne le peut pas et ne le doit pas ». Le but de l’UE est plutôt d’apporter de la « valeur ajoutée ».

Remobiliser les services

Ensuite, l’urgent est de mettre en place ce service diplomatique européen. Car si celui-ci a désormais des têtes, le corps ne semble pas suivre. Les directeurs de département, nouvellement nommés, ont ainsi été priés de faire le tour de leurs services pour remobiliser un peu les personnels, « désorientés » par plus d’une année d‘attente.  Effectivement plusieurs unités du service diplomatique comportent de nombreuses vacances de postes. Les fonctionnaires de la Commission ou du Conseil ayant préféré de voguer ailleurs.

Ce problème est aussi une opportunité, comme on nous l’ont confirmé plusieurs diplomates européens. Cela pourrait permettre également de corriger le déséquilibre hommes – femmes et le déséquilibre géographique. Deux points qui, même, si officiellement on se refuse à l’admettre, causent un peu de souci aux responsables du service diplomatique. « L’organigramme qui a été publié est la simple photographie de ce qui existe aujourd’hui. Nous devons faire avec. Ceux qui trouvent à redire aujourd’hui auraient dû se réveiller plus tôt » explique un expert du dossier.

Un nouveau souffle au cabinet

Cette « remobilisation » devrait toucher également le cabinet de la Baronness qui devrait être réorganisé rapidement autour de trois pôles : politique étrangère, aspects externes es politiques internes (énergie, commerce…), coordination.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

Une pensée sur “« Il faut se remobiliser » dit Ashton

  • 26 janvier 2011 à 09:00
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    le plus important, c’est de voir si c’est la culture dépassée, compassée, corporatiste des diplomaties nationales ou celle de la Commission (efficace, créative, responsable et pro-européenne) qui va l’emporter

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