Ashton rend visite à la présidence hongroise pour s’assurer de son soutien

Crédit : Mária Krasznai-Nehrebeczky (ministère hongrois de la Défense)

(A Budapest) La visite, traditionnelle, de la Commission européenne à la présidence tournante (la Hongrie en l’occurrence) a été l’occasion pour Cathy Ashton de faire le point successivement avec les ministres des Affaires étrangères et de la défense du pays sur les principaux sujets en cours.

Le traité de Lisbonne a, en effet, “privé” les Etats membres qui assure la présidence de l’Union européenne du droit de présider les conseils des ministres des Affaires étrangères et de la Défense. Une tâche qui n’est pas tout à fait honorifique. Présider un conseil des ministres, c’est choisir les sujets qui méritent d’y être traités, même ceux qui ne s’imposent pas du fait de l’actualité internationale. C’est ainsi l’occasion pour un Etat de pousser en avant certaines priorités : le partenariat oriental pour la Hongrie, l’Afrique pour le Portugal ou la Belgique, l’Amérique latine pour l’Espagne… C’est aussi préparer la réunion, donc multiplier les contacts avec les Etats membres, voire les Etats voisins. Ce qui accroit généralement la “surface internationale” d’un Ministre. C’est aussi l’opportunité pour un ministre d’accroitre sa “visibilité” au plan international mais surtout au plan interne. La concertation menée par la Haute représentante n’est pas donc de pure forme, uniquement. Il s’agit d’assurer une parfaite coordination pour éviter des initiatives intempestives ou des réponses non coordonnées à des questions internationales.

Pour János Martonyi, ministre hongrois des Affaires étrangères, c’est une chose entendue : la présidence hongroise fournira « toute l’assistance nécessaire » au bon fonctionnement de la politique étrangère, de sécurité et de la défense de l’Union, a-t-il déclaré suite à cette réunion. Les participants ont également abordé des sujets de fond comme l’attitude à avoir envers l’Iran ou le Moyen-Orient (voir article séparé).

Même souci du coté du ministre de la Défense. Csaba Hende, qui était accompagné du secrétaire permanent du ministère, Lajos Fodor, du chef d’Etat-major, le général Tibor Benko, et de l’ambassadeur au COPS, Károly Grúber, a assuré la Haute représentante qu’il comptait travailler “en étroite collaboration” avec elle, désormais chargée de conduire la politique de sécurité commune, au titre du traité de Lisbonne. (A suivre : le point de vue de l’armée hongroise sur la coopération européenne).

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).