AF. Rasmussen tente le contournement de Cathy Ashton. La manoeuvre échoue

Le rapprochement entre l’Union européenne et l’OTAN pâtine. Et toujours pour les mêmes raisons que le lecteur de ce blog connait désormais : le différend entre Chypre et la Turquie. Cela n’empêche pas certaines solutions pragmatiques de s’élaborer comme pour les battlegroups (auquel a participé la Turquie) ou l’Afghanistan (sur la protection des policiers européens d’Eupol par les forces de l’OTAN). Mais il n’y a pas d’accord général.

Le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, était bien décidé à faire avancer son dossier et faire pression sur les Européens. Ainsi il a contacté récemment Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen. Objectif officiel : examiner comment l’OTAN et l’UE peuvent se rapprocher. Objectif officieux : contourner la Haute représentante, Cathy Ashton, et diviser un peu les Européens. La manoeuvre a, cette fois-ci, échoué. Le premier réflexe d’Herman Van Rompuy a, en effet, été de se dire d’accord pour une telle rencontre. Mais il a invité Cathy Ashton, la Haute représentante de l’UE chargée des Affaires étrangères, à se joindre à eux. C’est donc finalement autour d’un petit déjeuner à trois que l’ancien Premier ministre danois a tenté, mardi matin, de convaincre les Européens de faire un geste vers la Turquie, en reprenant son argumentaire classique déjà développé à Palma de Majorque il y a un an. La solution n’a semble-t-il pas été, encore, trouvée…

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).