Réunion des ministres de la Défense du 9 décembre : demandez le programme !

L’intitulé mérite en soi le détour : « Conseil des ministres des Affaires étrangères – formation Défense ». En effet, les ministres de la Défense se réuniront tout seuls, sans leurs collègues des Affaires étrangères, et en présence de Lady Ashton. Un autre évènement en soi puisque la Haute représentante (HR) avait, jusqu’ici, brillé par son absence lors des réunions informelles, de Palma de Majorque et de Gand. Les ministres de la Défense auront donc beaucoup à dire d’autant que la HR n’a pas montré une forte appétence pour les questions de défense (cf. dernièrement pour la conférence des ambassadeurs (1).

Si le menu du Conseil reste assez classique (capacités, opérations, agence européenne de défense), nombre de sujets à l’ordre du jour appellent des décisions.

Ce sera tout d’abord une entrée en matière avec le secrétaire général de l’OTAN, A.F. Rasmussen, pour évoquer notamment la coopération UE-OTAN devront sans doute être évoquées ; sans rapprochement spectaculaire, on peut attendre cependant une évolution sur le front afghan (protection d’Eupol par des éléments ISAF notamment).

Les  ministres débattront ensuite des capacités, avec comme base de départ le papier germano-suédois (2), initiative qui suscite l’intérêt. La question des battlegroups devra aussi être évoquée avec ce problème qui reste posé par ce « trou » 2e semestre 2011 (3).

Ils auront également une session en format « Agence européenne de défense » avec trois sujets principaux : les différents projets de l’Agence, la nomination de son directeur. La procédure écrite ayant été interrompue, il y aura donc un vote formel, mais aucune autre proposition n’a été mise sur la table. Et, sauf surprise, la candidate de la Haute représentante C.F. Arnould (4) pourrait être avalisée. Pour la question du budget, en revanche, cela reste ouvert après le veto britannique (5).

Le déjeuner sera consacré aux opérations militaires avec la présence des trois commandants d’opération : Buster (Eunavfor Atalanta Somalia), Bair (Eufor Althea Bosnie) et Gonzalez Ellul (Eutm Somalia). La discussion, là encore, devrait être nourrie. Le mandat d’Atalanta va être légèrement modifié (6) mais se posera surtout la question du traitement et de la poursuite des pirates en justice (7). Pour la Bosnie, on entre dans la phase de lancement de la nouvelle mission (et de diminution parallèle de la mission de force). Pour la mission de formation des soldats somaliens en Ouganda (Eutm Somalia) se pose la question de la prolongation de la mission qui devrait, au moins, être envisagée dès maintenant (8).

Toute une série de sujets pourront aussi être évoquées, officiellement, officieusement, à table, comme dans les couloirs… Par exemple, la nouvelle organisation du service diplomatique et la place faite aux structures « défense », l’emploi des battlegroups face à certaines menaces (Cote d’Ivoire ou Soudan), etc.

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Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).