Le service diplomatique est “né”. Ashton réunit ses ambassadeurs. Et c’est tout !

Vous vous en êtes, sans doute, rendu compte. Nous sommes le 1er décembre. Et le service diplomatique de l’Union européenne est officiellement en place (Enfin presque…). Tout un symbole…

L’évènement est hautement symbolique. Et la Haute représentante Cathy Ashton avait donc réuni les différents ambassadeurs de l’union européenne dans le monde dans la grande salle de presse du Berlaymont. Ils n’étaient pas tous là (j’ai compté une bonne vingtaine d’absents… je tairais les noms :-)). Mais la grande majorité des chefs de délégation était là pour écouter le message de la “diplomate en chef” (qui n’a donc jamais mieux mérité cette appellation que ce jour là).

Et l’évènement était assez détendu, aux dires de certains des participants. Avec une tenue aux couleurs bien flashies (elle adore !), mais plutôt élégante (pour une fois ! diront les mauvaises langues dont je ne suis pas), Cathy Ashton a su charmer son monde, faire sourire et même rire franchement son auditoire (mais chut… nous ne pouvons rien dire secret défense 🙂 En substance son discours était destiné à mobiliser les troupes, à montrer toute la valeur ajoutée que “vous” (les ambassadeurs) pouvez promouvoir dans le monde, permettre à l’Union de parler d’une seule voix. n service qui 5 forces (notamment représenter les 27 pays, avec des parcours différents) et 5 défis devant lui. A commencer par les ressources. Mais surtout un enjeu d’intérêt public, comme l’a résumé un de ses collaborateurs : « Comment montrer au monde, toute l’intérêt du service ».

Commentaire : une nouvelle “bourde” de Cathy Ashon ?

Là est effectivement la question. Et la réponse est claire. Oui… Si cette rencontre était préparée, étonnamment, elle n’a donné lieu de la part de la Haute représentante à aucun point presse. Quelques interviews, courtes, à des télévisions pour assurer une présence. Et c’est tout. Le “service minimum” en quelque sorte. Le symbole était tout juste symbolique. Et la voix de l’Union européenne… muette. Comme le rappelait aujourd’hui même mon collègue italien Lorenzo Consoli, qui termine son mandat de président de l’Association de la presse internationale (à Bruxelles), à l’IHECS, l’école de journalisme de Bruxelles, : « le Traité de Lisbonne a créé deux nouvelles fonctions, avec Herman Van Rompuy et Cathy Ashton. Ces deux personnages devaient être la face et la personnification de l’Europe. Or ce sont les deux institutions qui se soumettent le moins aux conférences de presse, donnent le moins de réponses aux journalistes. Ils se contentent de mettre une vidéo sur leur site, en croyant que c’est suffisant pour faire de l’information, sans se soumettre au jeu des questions-réponses de la presse. »

(crédit photos : Commission européenne)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).