Deux nominations officialisées au Service diplomatique

Cathy Ashton vient de confirmer deux nouveaux noms dans le service diplomatique. Ces noms ne seront pas vraiment inconnus des lecteurs de ce blog car nous l’annoncions précédemment (1). Il s’agit du Britannique Robert Cooper et de l’Italien Agostino Miozzo.

Robert Cooper lors de la signature de l'accord de participation du Montenegro à Atalanta (crédit : Conseil de l'union européenne)

Robert Cooper est nommé comme conseiller au service diplomatique. Ce n’est pas écrit officiellement. Mais il sera placé près de la Haute représentante, chargé d’assurer la planification stratégique (une fonction qu’il a déjà exercé au Forein Office). Certains pourraient dire que ce sera l’oeil de la Haute représentante sur le service diplomatique. Cela officialise d’une certaine façon le rôle qu’il tenait depuis quelques mois en assistant la Haute représentante dans la mise en place des structures du service diplomatique.

En choisissant Robert Cooper, Cathy Ashton ne se trompe pas. L’homme a de l’expérience, de l’influence et de l’intelligence et connait la maison un peu comme sa poche. Depuis 2002, il travaille au Conseil de l’union européenne, en dernier lieu comme directeur général pour les affaires politico-militaires et extérieures. Diplomate britannique – Robert Cooper rejoint le Foreign Office en 1970, à 23 ans, après des études au Worcester College (à Oxford) et une scolarité à Nairboi au Kenya. Il sert dans différents postes à New York, Tokyo, Bruxelles ou Bonn. Il exerce aussi la fonction de responsable du Policy Planning de 1989 à 1993 au Foreign Office, et fait même un passage au Cabinet Office comme secrétaire adjoint pour la Défense et les Affaires outre-mer. Il termine sa carrière, britannique, comme représentant spécial éclair de Tony en Afghanistan, à un moment clé en 2001-2002 juste après l’intervention américaine.

C’est un idéologue (au sens littéral du terme). Il a ainsi écrit plusieurs essais politiques, comme The Post-Modern State (2002) où il décrit la doctrine du nouvel impérialisme libéral qui nourrit Tony Blair dans sa politique du « New Labour » et  où il classe les pays en « Etats faillis », « Etats modernes », « Etats postmodernes ». Il réitère un an plus tard avec « The Breaking of Nations. Order and Chaos in the Twenty-First Centur”.

Agostino Miozzo est nommé comme « Managing Director ». Il sera chargé de la Réponse de crises. Son profil est déjà abondamment décrit (2). Son portefeuille n’est en revanche pas exactement défini. Il aura comme rôle essentiel d’éviter le vacuum d’il y a un an à Haiti entre la protection civile qui reste gérée à la Commission européenne sous l’autorité de K. Georgieva et les moyens civilo-militaires, comme le SitCen ou la CMPD. Mais il semble bien qu’il n’aura pas l’autorité sur la gestion de crises en tant que telle (les moyens de l’Europe de la défense). Les structures de l’Europe de la Défense pourraient en effet être placées sous l’autorité du secrétaire adjoint Maciej Popowski.

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Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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