La fin du calvaire pour l’A400M. Première livraison prévue en 2013

Les sept partenaires de l’avion de transport militaire Airbus A400M (1) ont signé, aujourd’hui, à Toulouse un nouveau contrat qui reprenant les termes de l’accord prévu en mars dernier (1), règle trois éléments principaux : le partage de la hausse des prix, un nouveau calendrier d’échelonnement de paiements des clients et un mécanisme permettant la livraison de différentes versions en phases successives. Reste à négocier le schéma des aides à l’export, qui « devraient être finalisées d’ici la fin de l’année » précise l’industriel.

Commandes réduites de 10 avions au total

Il aura fallu plusieurs mois de négociations, et quelques éclats de voix, entre les Etats membres et l’industriel Airbus Military pour arriver à cet accord qui se fait, avec des « pertes » limitées. Seuls deux pays baissent leur commande d’avions : 3 en moins pour le Royaume-Uni (22 contre 25) et 7 en moins pour l’Allemagne (53 contre 60), ce qui reste dans les marges d’un maximum de 1/10e de diminution des commandes qui avait agréé par les partenaires à Palma de Mallorque (2). Ce qui fait un total de 170 avions commandés fermes au lieu de 180 … l’honneur est sauf. Les deux pays concernés gardent la possibilité d’une option d’achat des avions non achetés.

Livraison du premier avion pour l’armée de l’air française : Mars 2013, pour la Luftwaffe : Novembre 2014. Trois avions sont actuellement en test et accumulent, semaine après semaine les heures de vols. Pour Domingo Ureña-Raso, Directeur général d’Airbus Military : « Le programme d’essais en vol de l’A400M progresse à bon rythme et démontre la qualité intrinsèque du produit. Nous sommes très satisfaits des résultats obtenus jusqu’ici et nous apprêtons désormais à lancer la production en série d’ici la fin de l’année ».

Bonne nouvelle et gros sous

Un accord salué comme il se doit en France et en Espagne qui ont largement poussé à cet accord. « « C’est une très, très bonne nouvelle » a déclaré le ministre français de la Défense, Hervé Morin en direct de Toulouse. « L’A400M est un programme emblématique que l’Europe ne pouvait abandonner. Faire cela aurait signifier pour l’Europe vouloir être dépendant des Etats-Unis au 21e siècle » a-t-il ajouté. Maintenant « Le contrat vient d’être finalisé. Il reste à engager le processus de ratification nationale dans les sept pays ». Ce qui suppose notamment un vote par le Bundestag allemand. « De cette manière, nos soldats peuvent se déployer plus vite, en moins de temps et avec de meilleurs équipements, où que vous dans tous les endroits ou le gouvernement estime opportun de les envoyer » a ajouté le secrétaire d’Etat espagnol, Constantino Méndez.

Coté allemand, on est moins dithyrambique. Cité par la presse allemande, le ministre zu Gutenberg se rappelle l’âpreté des discussions et la dureté du ton. Et au ministère de la Défense, à Berlin et Bonn, on préfère argumenter gros sous : « Grâce à ces mesures, la part allemande de la hausse des prix d’environ 670 millions € compensée. Alors qu’à l’origine, le surcoût aurait dû être de un milliard d’euros ». Explication : le programme Airbus A400M était prévu à l’origine pour couter 20 milliards d’euros. Le surcout a été estimé par l’industriel à 5,2 milliards, sur lequel les Etats clients ont accepté de payer 3,5 milliards d’euros. Toute la difficulté a été de partager cette somme. Au final, la France devrait acquitter une facture de 8,4 milliards d’euros pour 50 avions. Soit un coût d’environ 168 millions d’euros l’unité (coût de développement inclus).

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(1) Allemagne, France, Espagne, Royaume-Uni, Belgique, Luxembourg et Turquie.

(2) A cela, il faut ajouter la perte d’un client, l’Afrique du Sud qui a préféré annuler sa commande. Lire Coup dur pour Airbus, l’Afrique du sud annule sa commande d’A400M
Mais la Malaisie maintient sa commande.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).