Belgique : quatre mois après et toujours rien ?

Près de 120 jours après les élections et toujours pas de gouvernement au plat pays. Pourquoi ?

Qui négocie ? Pour l’instant aucun accord de coalition n’a pu être dégagé. Le Roi a donc chargé le chef du N-VA, le parti nationaliste flamand qui a gagné les élections, d’une « mission de clarification ». Le républicain Bart de Wever, se retrouve ainsi chargé de consolider la royauté belge. Plutôt comique !

Qu’est-ce qui bloque ? Deux sujets sont en débat. Le premier concerne les institutions belges. Quelles compétences vont partir du centre – l’Etat fédéral – vers les régions ? Les Flamands militent pour une très large autonomie fiscale. Les francophones ne sont pas décidés à tout transférer. Un accord pourrait être trouvé cependant. La seconde bagarre est socio-économique et loin d’être résolue. C’est en fait là que réside le principal écueil. Entre Bart de Wever, partisan du moins d’Etat, et les socialistes, partisans d’un Etat régulateur, il y a plus qu’un gouffre, un abîme.

Deux Etats ? L’idée n’est pas mûre. Mais elle fait son chemin, côté francophone. Elio di Rupo, le leader socialiste, a déjà tracé une ligne. La nouvelle Belgique comprendrait : la Wallonie, Bruxelles, ainsi que les communes flamandes de la périphérie. Inacceptable pour les Flamands, très silencieux, tout d’un coup.

Qui gouverne le pays ? L’ancien gouvernement dirigé par le chrétien-démocrate flamand, Yves Leterme est toujours aux manettes. En « affaires courantes », il ne peut engager de nouveaux projets, notamment un nouveau budget. Pour sortir de l’impasse, certains constitutionnalistes proposent d’élargir la notion « d’affaires courantes ». En gros, du provisoire permanent. Vive le surréalisme !

Et le Belge de la rue ? Excédé, désabusé, fatigué… il n’y a pas assez de synonymes. Il ne rigole même plus de cette situation. Un signe…

Nicolas GROS-VERHEYDE.
Paru dans Ouest-France, octobre 2010

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).