La police militaire bulgare un peu moins militaire, un peu plus police

(BRUXELLES2) Le ministre de la Défense, Aniou Anguélov, l’a confirmé à nos confrères de 24 Tchassa, avant la réunion informelle de Gand. La police militaire, selon un projet de loi, va pouvoir effectuer différentes missions, de temps de paix (comme la gendarmerie en France), notamment en matière de maintien de l’ordre public et lutte contre le banditisme. Mais cette mission sera encadrée. « Les situations dans lesquelles les policiers militaires pourraient proposer leur coopération à la police nationale dans le maintien de l’ordre public sont clairement définies. » Et la police militaire travaillera avec ses homologues du ministère de l’Intérieur dans la lutte contre le banditisme. Une collaboration qui « s’impose » selon le Ministre, « par le fait que les limites entre la sécurité nationale et extérieure disparaissent de plus en plus. Nous devons être unis pour faire face aux nouveaux défis. Comme par exemple nos hélicoptères qui servent à transporter d’urgence des organes pour des transplantations, à sauver des personnes accidentées, à maîtriser des incendies, ainsi que pour exercer un contrôle efficace du trafic automobile. »

La Bulgarie a entamé un nouvel exercice de « Libre Blanc » (le dernier avait eu lieu en 2002). Celui-ci vient d’être publié. Il prône un réexamen stratégique, alors que la crise économique et budgétaire frappe de plein fouet la Bulgarie. Aucun de ses voisins ne peut être considéré « comme un adversaire potentiel » est-il mentionné. « Les risques proviennent principalement de
l’existence des conflits gelés, de (possibles) structures terroristes, de conflits ethniques et religieux, des niveaux élevés de la criminalité, de la corruption, du trafic d’êtres humains, d’armes et de drogues
». L’objectif est donc d’avoir des forces armées disponibles en temps de paix comme en temps de guerre.

Coupe des effectifs d’au moins un cinquième

Dans tous les cas, le nombre de militaires devrait être réduit de façon assez importante, contraintes budgétaires obligent. On parle de plus de 6.000 personnes en moins. Le ministre Aniou Anguélov n’a rien voulu confirmer. Mais il semble bien que la réduction sera radicale et représenterait environ 20% des effectifs. L’armée compte aujourd’hui 30.000 personnels (32.000 et 2.000 postes inoccupés selon les médias bulgares) à comparer aux 45.000 hommes en 2005 et aux 120.000 à l’ère soviétique en 1989 ! Ce qui semble, en revanche, certain, est l’objectif de regrouper les hommes dans des unités plus grandes. Le nombre de brigades d’infanterie (4 actuellement) pourrait ainsi être diminué de moitié.

La Bulgarie qui était, il y quelques temps, encore un des rares pays européens (avec la Grèce, la France et le Royaume-Uni) à respecter le minimum imposé par l’OTAN de 2% des dépenses consacrées à la Défense, ne repassera jamais cette limite. Au train des économies en cours, seule la France et le Royaume-Uni devraient demeurer au-dessus de ce seuil (et encore !).

(Nicolas Gros-Verheyde)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).