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France, Royaume-Uni et Etats-Unis bien décidés à faire dégrossir l’OTAN

(BRUXELLES2) (A Marseille) La réforme des structures de l’OTAN sera un des grands sujets du sommet euro-atlantique de Lisbonne en novembre. Un sujet qui fâche… Cela fait des années que le Royaume-Uni demande un partage des charges (pour l’Afghanistan principalement). La France en rejoignant le commandement intégré de l’OTAN en a fait un de ses chevaux de bataille. Et l’administration américaine, au début réticente, a rejoint le couple franco-britannique. A eux trois, ils pèsent de façon décisive à la fois sur l’administration et le budget de l’organisation militaire. Hervé Morin l’a rappelé, mardi, aux universités d’été de la Défense à Marseille.

Objectif : 7500 personnels

« Il faut mettre fin à la fuite en avant budgétaire. En matière de bosse financière, l’OTAN est au sommet. Notre volonté est inflexible : il faut alléger les structures de commandement, rationaliser les multiples agences de l’OTAN. » En un mot : « réduire les Etats-majors et empreintes territoriales de l’OTAN, par trop nombreuses ». Le ministre a fixé un objectif : « Une structure concentrée, ramassée territorialement, de 7500 personnes suffit ». Un chiffre à comparer aux effectifs actuels « 13.000 budgétés, environ 11.000 réels ». Autant dire que cette exigence ne réjouit pas grand monde, notamment parmi nos alliés qui comptent de nombreux nationaux dans les structures de l’OTAN ou bénéficient d’implantations. L’Italie ou l’Allemagne, par exemple. Pour le ministre, la position de certains deses homologues est puérile : « Les ministres de la Défense se comportent comme des élus locaux. Ils sont pour la réforme et les économies. Mais quand on supprime une structure dans leur pays, ils sont contre. » Ca va être chaud à Lisbonne…

(Nicolas Gros-Verheyde)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).