Traitement en justice des pirates : la solution française

(BRUXELLES2) La traduction en justice reste toujours en problème. Et les Etats semblent un peu divisés par rapport aux solutions comme l’a montré le débat aux Nations-Unies cette semaine (lire : les options). Selon le Danemark, 60% des pirates suspects ne peuvent être traduits devant un tribunal, et doivent donc être relâchés. Selon mes statistiques, ce pourcentage serait encore supérieur au 1er semestre 2010, environ 85%. Un semestre qui a « souffert » d’un fort taux de réussite des forces multinationales (Eunavfor, Otan, CTf) déployées dans l’Océan indien mais d’une faible possibilité de poursuites (avec les réticences du Kenya à accueillir de nouveaux suspects). Heureusement la France, avec une préférence pour le Puntland, a sa solution… 🙂

(Nicolas Gros-Verheyde)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).

Une pensée sur “Traitement en justice des pirates : la solution française

  • 29 août 2010 à 11:45
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    c’est incroyable que l’on propose des pays qui n’ont pas encore d’existence légale (puntland, somaliland, etc) ou des pays hors de la corne de l’afrique (le Kénya, les Seychelles) qui se contre fichent de se qui se passent dans une région qu’ils comprennent mal (Le Kénya parce qu’il n’a jamais pu dans son histoire intégrer un temps soit peu sa minorité somali du nord-est, les Seychelles parcequ’elle n’a aucune relation particulière avec ce pays). Il existe un pays qui, lui, a un état, qui est proche de ces évènements, dont la population est assez proche culturellement ou économiquement de ce qui se passe en Somalie : La république de Djibouti. Pays (qui a « bénéficié » pendant une centaine d’années des « bienfaits de la colonisation française », non !). Une justice qui pourrait y avoir une influence certaine sur ces pirates (ils ont les mêmes repères culturels, la même langue que les djiboutiens). Si cette justice djiboutienne n’est pas indépendante du pouvoir local, elle a au moins l’avantage de pouvoir traiter de ce genre de problème plus sérieusement qu’au Kénya où la référence aux somalis est extrèmement négative ou les Seychelles qui n’ont qu’une relation lointaines avec ce pays.
    Enfin, cela pourrait engager la France à Djibouti d’une autre manière que par les forces militaires (la présence militaire française sensée empêcher, depuis 1977, toute évolution violente dans la région par sa présence à Djibouti est un échec patent) en portant ses efforts sur ces aspects judiciaires, entre autres. Une vrai coopération d’état à état allant, enfin, dans le sens de la paix régionale pourrait alors s’élaborer entre Djibouti et la France. Encore faut-il dépasser le stade de « djibouti, bac à sable de l’armée française » et s’engager sérieusement dans cette région par une voix plus politique.

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