Les « lessons learned » d’Haïti : l’aide européenne pas négligeable du tout

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crédit photo : DICOD/Ministère de la Défense

(BRUXELLES2) Le séisme en Haïti (qui s’est produit le 12 janvier) a été une des pires catastrophes car elle a non seulement occasionné de nombreuses victimes (212.000 morts, 300.000 blessés, 4.000 amputés, 1 million de sans-abris, 2,6 millions de personnes qui nécessitent une aide alimentaire), elle a aussi détruit les infrastructures de transport, de communication tout comme l’administration du pays et atteint les institutions internationales présentes. Les forces de l’ONU ont été particulièrement déstructurées. Mais la présence européenne également. La délégation de l’UE a ainsi été atteinte directement : le chef de la délégation a été évacué, le chargé d’affaires tué, plusieurs membres du staff blessé. Quant à l’ambassade espagnole, qui assurait la présidence, elle a été détruite et son ambassadeur évacué. Les autres représentations des Etats membres présentes dans l’île ont également été touchées.

La première réponse européenne a été rapide. Les premiers experts d’ECHO – l’office d’aide humanitaire – sont arrivés 14 heures après et ceux du mécanisme européen de protection civile (MIC) dans la foulée. Le SITCEN a également déployé sur place deux experts. Une première aide de 3 millions d’euros a été débloquée en urgence.

Le total de l’assistance humanitaire s’est monté à 460 millions d’euros (dont 120 millions sur le budget communautaire – ECHO). Plus de 800 experts civils ont été fournis à travers le mécanisme de protection civile : 12 équipes de secours et recherche (USAR) ont été déployées avec leurs chiens (440 personnes), ainsi que 2 hôpitaux de campagne, 5 postes médicaux avancés et 38 équipes médicales ainsi qu’une aide au transport (4,5 millions d’euros). Plus de 2000 militaires ont été déployés avec des bateaux, avions, hélicoptères et forces du génie, dont 260 officiers de gendarmerie fournis par la France, l’Italie et l’Espagne pour renforcer la MINUSTAH.

Côté reconstruction et développement. Un premier paquet d’aide à la reconstruction de 100 millions d’euros a été débloqué par la Commission européenne avec la France, l’Espagne et la Belgique. Et une deuxième enveloppe de 1,2 milliards d’euros (le 2e plus gros montant) a été annoncée lors de la conférence de New-York. Sur ce montant, 460 millions d’euros sont assurés par le budget européen et 300 millions ont déjà été engagés.

Côté politique et de la coordination, un Conseil extraordinaire des ministres des affaires étrangères de l’UE a été convoqué dans la semaine de la catastrophe (le 18 janvier). Et une petite cellule (EUCO Haïti) a été mise en place du côté du SITCEN.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).