(B2) Le Parlement européen a condamné, le 17 juin, dans une résolution, “l’attaque contre la flottille dans les eaux internationales, qui constitue une violation du droit international et demandé “une enquête internationale et impartiale sur cette attaque“.

Un blocus de la bande de Gaza qui renforce les plus radicaux

Il a également condamné le blocus de la bande de Gaza qu’il considère “une sanction collective qui est contraire au droit humanitaire international” et appelé à sa levée. Ce blocus “n’a pas atteint son objectif, qui était de porter un coup aux extrémistes et, dans la mesure où il touche plus particulièrement les groupes les plus vulnérables de la population, il a conduit à une radicalisation croissante”. Il est radical selon le Parlement européen : 3 600 camions d’aide alimentaire seulement sont entrés à Gaza au cours des trois premiers mois de l’année, contre 36 000 au cours du premier trimestre de 2007. Seuls 80 produits seulement sont autorisés à entrer à Gaza alors que l’Office
de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) estime que 6 000 produits sont nécessaires pour satisfaire les besoins humanitaires essentiels”.

Une mission EUBAM renforcée

Le Parlement européen a aussi, et surtout, exprimé son soutien à la mise en place d’une mission européenne de surveillance aux frontières élargie au niveau terrestre voire au niveau maritime. Il “invite (ainsi) instamment la haute représentante (de l’UE)/vice-présidente à prendre immédiatement l’initiative en soumettant au Quatuor un plan de l’Union européenne en vue de lever le blocus de Gaza et d’aborder les préoccupations d’Israël en matière de sécurité en assurant le contrôle international des points de passage, y compris en réévaluant le mandat de la mission d’assistance à la frontière de l’Union européenne (EU-BAM), avec éventuellement une dimension maritime, ainsi qu’en réactivant cette mission et en déployant une force navale internationale pour surveiller le rivage de Gaza”.

NB : les parlementaires ont demandé aux Etats membres de “prendre les mesures nécessaires pour convoquer sans délai le Conseil d’association UE-Israël afin de discuter de la situation actuelle”. Mais aucune référence n’est faite à une possible sanction sur ce point.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Texte de la résolution à télécharger ici

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).