Blocus de Gaza: cela se débloque selon Cathy Ashton (maj)

(BRUXELLES2) C’est le sentiment qu’a exprimé, mercredi, la diplomate en chef de l’Union devant les parlementaires européen réunis à Strasbourg. « Nous avons besoin de rouvrir les frontières pour que l’aide humanitaire, les marchandises et les civils puissent entrer et sortir de Gaza normalement. Et au lieu d’un liste restrictive de produits, nous devons avoir une liste courte et agréée de produits interdits où Israël a de légitimes préoccupations de sécurité. Selon mes dernières discussions, il semble que nous avançons en direction de ces deux (sujets) : frontières et listes de biens ». Et d’ajouter que l’UE a une mission à Rafah qui « pourrait être réactivée. Nous sommes prêts à soutenir l’ouverture des autres points frontières terrestres ».

Task-force et mission exploratoire

Trois options sont ainsi offertes en matière de missions européennes de défense :
1) recalibrer la mission de surveillance aux frontières Eubam Rafah, en sommeil depuis 2006 ;
2) ouvrir une nouvelle mission ;
3) préparer une mission maritime de la PeSDC « plus complexe » a reconnu C. Ashton. Une task-force a ainsi été créée, dont la première réunion se tiendra ce vendredi et sera présidée en personne par la Haute représentante. Une mission exploratoire devrait partir également rapidement pour examiner comment contribuer à une solution.

En Israël, le cabinet gouvernemental qui devait prendre une décision sur le sujet a reporté sa décision. Tandis qu’une nouvelle flottille turque se prépare et que deux bateaux affrétés en partie par le Croissant-Rouge iranien ont pris (ou vont prendre incessament) la mer pour arriver Gaza par la mer rouge (s’ils ne sont pas… attaqués par les pirates ou bloqués par les forces multinationales déployées dans le Golfe d’Aden).

(MAJ jeudi 17 juin) Le cabinet gouvernemental israélien a décidé un allègement de la liste de produits mais limité : nourriture, jouets, ustensiles de cuisine, articles de papeterie seront autorisés. Mais pas les matériaux de construction. Le gouvernement considère qu’il y a
là un risque de double usage comme arme. Ce qui est largement en-deçà de ce que demandaient les Européens et la communauté internationale.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).