La défense britannique doit changer radicalement (sondage)

(B2, A LONDRES) Selon une enquête réalisée par le RUSI parmi la communauté des experts britanniques de la défense, de stratégie et de politique étrangère (1) – qui vient d’être publiée aujourd’hui – le Royaume-Uni a besoin d’une « réévaluation radicale de la position s’il veut être capable de jouer un rôle dans le monde ». Une écrasante majorité (88% des réponses, 7% seulement en désaccord) approuve cette assertion. Sur les autres questions, le propos est cependant un peu plus partagé, même si une nette majorité se dégage pour approuver  certains “fondamentaux”.

• Les opérations courantes en Afghanistan jouent un rôle intrinsèque dans le maintien de la sécurité du Royaume-Uni : 57% pour, 34% contre.

• Les bénéfices politiques et de sécurité du dispositif Trident (sous-marins nucléaires) l’emportent clairement sur ses coûts économiques et diplomatiques : 53% pour, 34% contre.

• Les intérêts du Royaume-Uni sont mieux servis par le maintien d’une relation spéciale avec les États-Unis, devant tous les autres partenariats stratégiques : 58% pour, 32% contre.

• La lutte contre le terrorisme continue d’être la priorité de la sécurité la plus immédiate pour le prochain gouvernement : 81% pour.

Commentaire : autrement dit, tout le monde est d’accord pour un changement radical. Mais la plupart souhaitent qu’il n’y ait pas vraiment de changement radical. Puisque sur les “fondamentaux” de la défense britannique, on observe qu’une majorité se prononce pour la poursuite de la politique suivie jusqu’à maintenant… Un peu contradictoire !

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) l’enquête The British Defence and Security Election Survey a été conduite auprès de 2024 experts de défense, de stratégie et de  politique étrangère.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).