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Les Tchèques se chamaillent sur l’envoi de 50 soldats de plus en Afghanistan

TchequeLogarAfgh-Cz.jpg(BRUXELLES2) La discussion continue autour de l’engagement en Afghanistan en république tchèque et les divisions politiques constatées dans le passé (1) se vérifient. Si le Parlement tchèque a approuvé le déploiement de 535 soldats en Afghanistan pour 2010, il doit, en effet, à nouveau discuter la demande de renfort du secrétaire général de l’OTAN.

Un renfort demandé par l’OTAN. Le gouvernement (coalition technique social-démocrate CSSD / chrétien démocrate ODS) a proposé l’envoi de 55 soldats : 15 policiers militaires pour aider à la formation de la police afghane, 40 soldats et deux radars d’artillerie sur la base polonaise dans la province de Ghazni. Mais la gauche (sociaux-démocrates et communistes) s’y est opposée, la semaine dernière, à la Chambre des députés. Le secrétaire général de l’Alliance atlantique, Fogh Rasmussen, en visite à Prague le 5 mars, a insisté sur sa demande de renfort sur 51 soldats, proposant une répartition différente : 19 pour entrainer les troupes afghanes, et le reste pour les services de santé. L’ODS soutient cette demande. Mais si le dirigeant du CSSD, Paroubek n’exclut pas une modification du format des militaires envoyés sur place, il refuse toute augmentation du contingent. La situation est donc bloquée.

Difficultés supplémentaires. Même le président de la République, Václav Klaus – qui surfe souvent sur les sujets populaires – a un peu changé… son fusil d’épaule. A l’automne dernier, réagissant à un mini-scandale à Prague quand on avait découvert que des soldats engagés en Afghanistan avaient exibé des signes nazis, Klaus avait rétorqué que l’armée tchèque devait être tournée davantage « vers la défense du pays » que vers des « missions expéditionnaires ». A cela s’ajoute la crise budgétaire, l’armée tchèque est confrontée à une réduction drastique de budget : 2700 postes  supprimés. Pour l’OTAN, cependant, après le refus des Néerlandais de reporter leur départ (2), il est important qu’un nouveau pays européen ne “cale” pas sur son engagement en Afghanistan.

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) L’opposition sociale-démocrate CS refuse la mission en Afghanistan
(2) Le gouvernement NL chute sur l’Afghanistan, un tournant.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).