Les pirates ratissent la zone. Thoniers français en alerte. 6 pirates récupérés (maj5)

Image-17.png(BRUXELLES2) Plusieurs thoniers français ont été impliqués, ce vendredi, dans l’Océan indien, dans une lutte les pirates en mal de proie après l’échec sur le bateau de pêche espagnol et sur le navire océanographique de marine nationale.

Selon l’Etat-major des armées, le Talenduic aurait été attaqué par 2 skiffs pirates et un bateau mère, alors qu’il était bloqué par ses filets. Le Torre Giulia (*) et le Trevignon se seraient portés à leur secours. Selon le QG d’Atalanta, c’est le Torre Giulia qui a été attaqué et le Trevignon et le Talenduic se seraient portés à son secours. Quoi qu’il en soit, les équipes embarquées ont tiré des coups de semonce pour éloigner les pirates. Et les navires ont procédé aux manoeuvres d’usage.

EquipesProtectEmbarq-Eunavfor1003.JPGDans la manoeuvre, un thonier a heurté le bateau-mère des pirates qui a coulé ; un des skiffs pirates a aussi chaviré sur une vague, sans doute créée par un des thoniers (le” code” de “bonnes pratiques” de lutte anti-piraterie préconise, en effet, de créer des vagues afin d’éloigner les bateaux pirates). Sur les six personnes à bord, 4 ont pu être récupérés tout de suite par les pêcheurs Français, mais deux avaient disparu. Finalement, ils ont pu être repérés par un avion de patrouille maritime d’Atalanta (le P3 orion espagnol) et récupérés par le Torre Giulia. Ils sont sous bonne garde des équipes de protection embarquées, précise-t-on à l’Etat-Major des armées. Comme il y a flagrant délit, ces pirates pourraient être remis aux autorités seychelloises où sont basés les bateaux. Le Torre Giulia fait ainsi route vers les Seychelles selon mes confrères de Ouest-France de Concarneau qui ont joint, par téléphone, un des patrons pêcheurs.

Les six appréhendés s’ajoutent donc aux 22 autres pirates appréhendés par le Nivose, information confirmée par le QG d’Atalanta. C’est la première fois, à ma connaissance, que des thoniers “civils” et des Equipes françaises de protection embarquées “arrêtent” des pirates. En tout, trois groupes pirates auraient ainsi été neutralisés dans la journée de vendredi.

Toutes ces attaques sont localisées dans la même zone, dans la partie sud du bassin somalien, entre Seychelles et Kenya, à environ 3-4° Sud et 45-46° Est. Plusieurs moyens militaires de l’UE seraient déjà mobilisés dans la zone : 2 avions de patrouille maritime, l’un venu des Seychelles (1 Merlin III luxembourgeois), l’autre de Djibouti (1 P3 Orion). Et au moins deux navires : un frégate française, le Nivose, qui était un peu plus à l’ouest, et le navire-amiral italien Etna, qui a pris en charge l’escorte des navires espagnols attaqués vers les Seychelles.

(Nicolas Gros-Verheyde)

(*) Navire italien à l’origine, basé aux Seychelles, mais naviguant désormais sous pavillon tricolore bleu-blanc-rouge pour bénéficier des EPE français.

(1ère info : vendredi 16h, mise à jour : samedi 8h, samedi 19h, dimanche 13h et lundi 18h)- crédit photo : marine espagnole, Union européenne)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).