11 suspects transférés aux Seychelles, 6 autres rapatriés en Somalie ? (Maj1)

(BRUXELLES2, mis à jour avec éléments Paris, juridique, Etat-Major des Armées – 20h) Les 11 pirates restant à bord du Nivose le premier
week-end de mars vont bien être transférés aux Seychelles.
En revanche, les 6 Somaliens, repêchés des eaux par le thonier français Torre Giulia, seront libérés. Nous en avons eu confirmation aujourd’hui. (Une exclusivité “Bruxelles2”)

11 suspects traduits en justice
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Le ministre Joel Morgan, responsable de la lutte anti-piraterie, a expliqué que bien que les 11 suspects aient été arrêtés en dehors de la zone économique exclusive des Seychelles (de 1,4 millions km2), ils pourront être traduits aux Seychelles car ils sont soupçonnés d’avoir attaqués deux navires battant pavillon de l’archipel. « Ces 11 pirates suspects seront remis à la police des Seychelles pour être jugés. Nous avons l’obligation de les traduire en justice car ils ont été trouvé en possession d’armes de différentes variétés dont nous croyons qu’elles seront suffisantes pour le procès » a-t-il déclaré. Débarqués à Djibouti, ils devraient être amenés aux Seychelles par un avion français d’EUNAVFOR demain (mercredi). Mais « il reste encore quelques points un peu complexes de procédure à résoudre » m’a expliqué un officier d’Atalanta. Difficulté confirmée du coté de l’Etat-Major des armées. NB : les 24 autres suspects  interceptés par le Nivose ont été remis aux autorités du Puntland, samedi.

6 suspects rapatriés en Somalie.
Repêchés des eaux par le thonier français Torre Giulia après une attaque ratée, et mis au sec sous bonne garde des commandos marines embarqués à bord du bateau de pêche, les six Somaliens avaient été débarqués, la semaine dernière, à Port Victoria Seychelles. Ils vont être « rapatriés en Somalie par un avion d’Eunavfor » a précisé Joel Morgan (sans doute le même que celui qui aura amené les 11 suspects). Car « il y a un manque de preuves de leur implication dans une attaque pirates ». Cette information m’a été confirmée partiellement par l’Etat-Major des armées français qui ne veut pas cependant s’engager sur une date de retour. « Nous étudions de près les suites ».

Trois solutions s’offrent maintenant pour une poursuite : le Kenya (peu probable), la France (juridiquement, certains éléments semblent réunis : tentative d’attaque contre un bateau battant pavillon français, en haute mer, arrestation par des militaires français. Mais ce n’est pas évident car il y a une “rupture” dans la poursuite pénale : l’escale aux Seychelles) ou le Puntland, destination favorite des navires français. A défaut de toute solution, il faudra se résoudre à remettre en liberté les pirates. Mais cette hypothèse n’est pas vraiment en cour à Paris. «
La France n’a pas pour habitude de libérer des pirates ou des personnes suspectées d’avoir commis des actes de piraterie » explique l’Amiral Prazuck, porte-parole de l’Etat-Major des Armées.

(*) D’après les engagements pris par les Européens auprès des Seychelles, ce rapatriement par avion est logique. L’UE s’est, en effet, engagée à rapatrier les suspects libérés par les Seychelles pour éviter que cet Etat en subisse les conséquences.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).