Margot Wallström passe à l’ONU comme Représentant Spécial

WallstromBankimoon-UE091026.jpg(BRUXELLES2) Ban Ki Moon l’a annoncé dimanche au sommet de l’Union africaine et doit le confirmer, demain (mardi) au Conseil de sécurité de l’ONU. Il a proposé à Margot Wallstrom, l’actuelle commissaire européenne à la Communication, de devenir son représentant spécial sur les questions de « violence sexuelle touchant les femmes et les filles dans les conflits armés ».

Une question cruciale

Le Conseil de sécurité avait recommandé fin septembre, dans une résolution (n°1888), cette nomination. Margot Wallström sera chargée de donner une impulsion « stratégique » à cette question, de « renforcer les mécanismes de coordination des Nations-Unies » et d’engager une « action de sensibilisation pour lutter contre ce fléau« . Les viols sont, en effet, courants dans certains conflits en cours, particulièrement au Darfour et au Congo. Sur son blog, récemment, Margot Wallstrom s’était émue de la situation dans ce pays : « According to UN statistics, more than 200,000 women and children have been raped over more than a decade of conflict in the Democratic Republic of the Congo. Every day, around 40 women are raped in the South Kivu region of the country. » (lire)

Margot Wallstrom est une personnalité attachante

C’est un bon choix J’ai eu l’occasion de la rencontrer à plusieurs reprises. Et je dois dire que c’est une des rares politiques où on sent que la part de l’humain est aussi importante. C’est peut-être aussi pour cela qu’elle n’était pas devant la scène. Elle était très proche de Anna Lindh, la ministre suédoise des Affaires étrangères, assassinée en 2003 et n’avait pu caché son émotion aux journalistes (dont j’étais) qui se trouvaient à ce moment-là.

C’est pour moi assez mystérieux d’ailleurs. Quand nous parlions en tête à tête, son langage était clair, direct et sans ambages. Mais inséré dans la machinerie de la Commission, cela devenait une langue de bois incompréhensible. Dans un de nos entretiens, elle s’était ainsi prononcée très clairement contre le nucléaire « une énergie du passé« , un propos qui détonnait plutôt dans l’opinion majeure de la Commission européenne. Au passage, elle avait d’ailleurs exprimé clairement et publiquement (On record) son désaccord avec sa collègue aux Transports, Loyola de Palacio : elle « a tort« . Dans une autre interview, elle s’était aussi prononcée pour « la mise en place d’un corps de protection civile » au niveau européen (1). « Nous avons une petite unité de protection civile à la Commission. Mais nous devons évoluer » (Nb : c’était en 2001 ! Cela pourrait être aujourd’hui).

Suédoise, sociale-démocrate, Margot Wallstrom a été plusieurs fois ministre dans son pays (affaires civiles, culture, affaires sociales) avant de passer à Bruxelles en 1999 comme commissaire européen, d’abord chargé de l’Environnement (sous Romano Prodi), puis en 2004 (sous José-Manuel Barroso) comme vice-présidente chargée des Relations institutionnelles et de la stratégie de communication. Sans lui faire injure, la première partie de son mandat a été plus intéressante et fructueuse que la seconde.

(1) Lire (archives) : Margot Wallstrom : créer une force de protection civile

(crédit photo : blog de Margot Wallstrom)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).